LE BENIN

Présentation

Après 18 ans de régime marxiste, le Bénin a connu, à partir de 1990, une transition démocratique marquée par le départ volontaire du pouvoir du président Mathieu KEREKOU et l’élection de Nicéphore SOGLO. Cette transition est notamment attestée par des élections démocratiques depuis la Conférence nationale de 1990 ; des institutions fonctionnant de manière satisfaisante ; une vie politique marquée par la multiplication des partis (près d’une centaine) ; les libertés individuelles et collectives qui ne connaissent pas d’atteintes sérieuses ; et une presse qui jouit d’une liberté d’expression totale.

Revenu au pouvoir à l’occasion de l’élection présidentielle de 1996 et réélu en 2001, le Président KEREKOU, qui ne pouvait briguer un nouveau mandat (dépassement de la limite d’âge et deuxième mandat successif), a su résister aux pressions de son entourage l’encourageant à faire modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir, confirmant ainsi son image d’homme d’Etat attaché au respect des institutions et de la démocratie.

L’élection présidentielle de mars 2006, jugée libre et transparente par les observateurs, a vu la victoire au second tour de Thomas BONI YAYI avec 74,52% des voix contre Adrien HOUNGBEDJI, ancien président de l’Assemblée nationale, premier Ministre de KEREKOU et président du Parti du Renouveau Démocratique (PRD).

Né en 1952, M. Thomas BONI YAYI a notamment suivi des études supérieures en France et occupé différentes fonctions à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) entre 1975 et 1992, avant de diriger la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) de 1994 à 2006. La cérémonie d’investiture du président BONI YAYI a eu lieu le 6 avril 2006. Non issu de la classe politique, jouissant d’une réputation de bon gestionnaire, le nouveau président a fait campagne sur les thèmes du changement (pour un « Bénin émergent ») et de la moralisation de la vie publique.

L’espoir d’une population appauvrie dans un nouveau chef d’Etat apportant le changement s’est à nouveau manifesté à l’occasion des élections législatives de mars 2007 (35 députés de la liste des « Forces Cauris pour un Bénin Emergent » (FCBE) ont été élus, soit plus de 40% de l’Assemblée nationale).

Cependant, le Président a perdu au printemps 2008 l’appui des députés qui lui avaient permis jusque-là de disposer de la majorité absolue. Par ailleurs, si les élections locales du 20 avril 2008 ont vu une victoire relative de la mouvance présidentielle au niveau national, l’opposition se maintient dans les grandes villes, dont Cotonou. Les tensions croissantes avec l’opposition et l’absence de consensus à l’Assemblée nationale entraînent une situation de blocage politique. Pour surmonter le blocage institutionnel, le Président a tenté tardivement de constituer un gouvernement d’ouverture, sans succès. La stratégie de rapprochement avec le principal parti d’opposition (la Renaissance du Bénin, parti du maire de Cotonou et ex-président Nicéphore Soglo), qui avait permis l’adoption du budget 2009 a tourné court. L’opposition, surmontant ses divisions, s’est placée en ordre de bataille pour l’élection présidentielle de mars 2011. Réunie depuis deux ans dans l’ « Union fait la Nation », elle a désigné un candidat unique, Adrien Houngbéji.

Depuis le début de l’année 2010, le gouvernement est affaibli par diverses « affaires » de corruption dans lequel il est accusé d’être impliqué, et qui alimentent la campagne de l’opposition en l’absence de réel débat d’idées (scandale de l’ICC Services, du nom de l’organisme de crédit ayant trompé des milliers d’épargnants, qui a touché plusieurs personnalités publiques dont le Ministre de l’Intérieur et indirectement le Président Boni Yayi). Ces questions ont donné lieu à certains « dérapages » de la part de l’exécutif, comme la coupure de RFI durant quelques heures en août 2010.

A l’approche des élections, le blocage politique a perduré. Le « bras de fer » entre l’Assemblée Nationale où l’opposition est majoritaire, et la Cour constitutionnelle proche de la mouvance présidentielle s’est traduit par une absence d’accord sur les lois électorales devant encadrer l’élection présidentielle de 2011.

L’élection présidentielle a bien eu lieu en mars 2011. Après un premier tour qui s’est déroulé dans le calme et la sérénité, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a proclamé les résultats provisoires le 18 mars. Le Président Boni Yayi est arrivé en tête du scrutin avec 53 % des voix, tandis que AdrienHoungbedji était crédité de 36 % et Abdoulaye Bio Tchané de 6 %. C’est la première fois depuis 1990, qu’une élection présidentielle est remportée dès le premier tour à la majorité absolue. La CEDEAO, le secrétaire général de l’ONU et l’Union africaine ont salué le bon déroulement du scrutin bien qu’un des candidats vaincus, Adrien Houngbeji, ait immédiatement dénoncé des fraudes et revendiqué la victoire.

Le 21 mars, le Conseil constitutionnel a confirmé la réélection de Boni Yayi. La contestation des résultats par l’opposition a emprunté la voie légale mais la Cour constitutionnelle béninoise a, le 30 mars, confirmé la réélection du Président Boni Yayi. La cérémonie d’investiture du Président Boni Yayi a eu lieu le 6 avril 2011. La France y a été représentée par le ministre chargé de la coopération, M. Henri de Raincourt.

Situation économique

 

La crise économique mondiale a eu impact significatif sur l’économie béninoise dont la croissance devrait atteindre 2,5% en 2009 contre 5% en 2008.

L’économie béninoise reste dominée par le secteur agricole, en particulier par le coton qui assure directement ou indirectement les revenus d’une grande partie de la population. Le programme d’assainissement et de relance de la filière cotonnière fixe l’objectif d’une production de 600.000 tonnes de coton graine en 2011-2012. A ce stade, les effets des réformes annoncées ne se font pas sentir. Ainsi, pour la campagne 2008-2009, la production de coton graine est estimée à 240.000 tonnes, pour une prévision de 380 000 tonnes.

Les échanges commerciaux, tant nationaux que régionaux (principalement avec le Nigeria), sont surtout de nature informelle.

La fin du régime socialiste et l’élection de Nicéphore SOGLO avaient été marqués par un large mouvement de privatisations entre 1991 et 1996. Ce processus, qui avait ensuite connu une phase de ralentissement a repris, notamment avec les projets de privatisation de la SONAPRA (coton), de la SBEE (eau et électricité) et de Bénin télécoms.

Alors que le début de la décennie a été marqué par une décélération continue de la croissance, une inversion de tendance est apparue depuis 2005. Le climat des affaires s’améliore et la confiance est de retour chez les opérateurs. Mais les problèmes liés à la production et à la distribution d’énergie (délestages) subsistent.

Membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Bénin a constitué une « zone de coprospérité » avec le Nigeria et le Togo (février 2007) afin d’accélérer l’intégration régionale. On note cependant peu d’avancées sur ce dossier.

Bénéficiaire de l’initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), le Bénin en a atteint le point de décision en juillet 2000 et le point d’achèvement en mars 2003. Il a bénéficié d’importantes annulations de dettes dans le cadre des initiatives PPTE et IADM (Initiative d’Allégement de la Dette Multilatérale).

Politique extérieure

 

 

La politique étrangère du Bénin, malgré un poids économique modeste au sein de l’UEMOA et de la CEDEAO, le place en position de « bon élève » de l’Afrique de l’Ouest. En effet, la stabilité du pays depuis quinze ans, dans une sous-région de l’Afrique de l’Ouest secouée par de graves crises politiques, en fait un médiateur recherché. De plus, le rôle modéré et constructif qu’il a joué comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies dans les années 2004-2005 a été apprécié par l’ensemble de la communauté internationale.

Le Bénin participe à plusieurs opérations de maintien de la paix menées par la CEDEAO et l’ONU. Il a déployé des contingents au Liberia et en Côte-d’Ivoire où il participe à l’ONUCI (475 hommes). Il contribue également à la MONUC en RDC, avec un contingent de 800 hommes. Son action résolue en faveur du maintien de la paix dans la sous-région lui a valu d’être retenu pour accueillir, à la fin de l’année 2004, l’exercice sur le terrain du cycle RECAMP IV, avec la participation des pays de la CEDEAO.

Sur le plan économique, le Bénin s’est fait le porte-parole des pays ouest-africains producteurs de coton avec le Burkina Faso, le Mali et le Tchad. Après l’échec de la conférence de l’OMC à Cancun, il continue d’être, à Genève, un pays moteur pour la reprise de négociations, dont l’un des objectifs est la disparition des subventions aux agriculteurs européens et américains.

Le Bénin exerce une diplomatie dont la compétence est reconnue. Respectueux du droit international, il s’est conformé à la décision de la Cour internationale de justice attribuant l’île de Lété au Niger (arrêt de la CIJ du 12 juillet 2005). Membre très actif de la Francophonie, dont il a fait l’un des axes de sa politique étrangère, le Bénin a accueilli à Cotonou le Sommet des chefs d’Etat des pays ayant le français en partage en 1995. Il joue un rôle important par l’intermédiaire des programmes de l’AUF et, sur le plan linguistique, par le développement du CEBELAE (centre béninois des langues étrangères) en direction du Nigeria, du Ghana et de la Guinée équatoriale. Plusieurs villes du Bénin sont membres de l’Association internationale des maires francophones (AIMF).

Il convient enfin de rappeler que l’accord de partenariat entre les membres du groupe des états d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et la Communauté européenne, qui succède à la convention de Lomé IV, a été signé à Cotonou le 23 juin 2000.