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Prochain gouvernement : Yayi accélère les négociations avec l’opposition

Le matinal du 19 Août 2009

Malgré les rebuffades subies lors de la formation de son dernier gouvernement Yayi Boni revient à la charge et veut distribuer pour le compte du prochain remaniement des portefeuilles ministériels à l’opposition à l’attention de qui il multiplie les opérations de séduction. Le leader du Parti social démocrate (Psd), Bruno Amoussou, considéré comme un maillon fort de l’intergroupe G4, hostile au régime du Changement, a été reçu hier lundi 17 août au Palais de la Marina.

 

Ce n’est qu’une question de jours et le nouveau gouvernement sera connu. Peut-être que si les négociations avec l’opposition avaient produit les fruits escomptés, le chef de l’Etat allait rendre public son équipe depuis longtemps. Mais tout porte à croire que ses difficultés actuelles résident dans l’échec qu’il rencontre dans sa tentative d’ouvrir son gouvernement à l’opposition. Comme par le passé, malgré ses appâts, les plus grandes formations politiques de par la position de leurs leaders refusent d’aller dans l’équipe au pouvoir. Les tractations qui s’observent dans les états majors constituent des signes visibles qui, tout en montrant que Yayi Boni veut récupérer des cadres des partis de l’opposition, confirment en même temps qu’il a mis en branle ses réseaux pour les caser. Il doit faire face à des regroupements de plus en plus soudés que par le passé qu’à des individualités au sein de ses alliances dont la portée des actions collectives ne permet pas de parier sur des débauchages individuels qui lui avaient permis d’obtenir l’entrée au gouvernement de deux cadres du Madep à savoir François Abiola et Kint Aguiar. Aujourd’hui le chef de l’Etat a du pain sur la planche pour réussir le même coup, parce que la recette a déjà buté sur une stratégie mise en place par les forces de l’opposition. Dans le même temps, plusieurs sources indiquent que Léhadi Soglo fortement courtisé est sur le point de rejoindre le chef de l’Etat qui a promis débarquer son frère Galiou du gouvernement. Cette promesse n’a pas empêché Nicéphore Soglo de tirer à boulets rouges sur le gouvernement en place. Il est allé loin en disant à ses militants du Zou de se tenir prêts à suivre en 2011 ses consignes de vote qui n’iront pas en faveur de Yayi Boni. Les relations entre le chef de l’Etat et le maire de Cotonou se sont en effet dégradées depuis un moment.

Pour détendre l’atmosphère

Le prochain remaniement en préparation dans le but de détendre l’atmosphère de méfiance qui entrave le bon fonctionnement des institutions, et freine le programme d’actions du chef de l’Etat est répugnant aux yeux des « G » et « F » qui estiment que c’est encore une manière pour noyer l’affaire de la Cen-Sad. Mais ce langage n’altère pas la détermination du président de la République à opérer des changements dans son gouvernement et à continuer de tendre la main à ses adversaires. On peut déjà dire que le compte à rebours a commencé à travers plusieurs informations recoupées ; conseils extraordinaires des ministres entre hier et aujourd’hui, les congés écourtés, l’immobilisme dans certains départements ministériels, les concertations secrètes engagées avec des personnalités de l’opposition…etc. Mais en attendant que cette série d’actions qui se mènent aboutissent à la formation d’un nouveau gouvernement dans les jours à venir, l’on retient que depuis quelques temps, le président de la République ne quitte presque plus son stylo soit pour cocher un nouveau nom dans son calepin, soit pour tirer un trait sur certains membres de l’équipe actuelle. Dans cet exercice, il n’arrive pas encore à trouver des alliés de taille et risque de rester une fois encore sur la berge. Or, les ténors dont il a besoin se trouvent à l’intérieur du cercle des mécontents de son pouvoir. Mais malgré cela, il tente vaille que vaille de reprendre langue avec ses adversaires qui, ces derniers temps sont fortement courtisés. Parmi les mécontents, figure son ancien ministre de la Santé qui a refusé jusque-là de décrocher ses appels. Ce qui ne l’arrange pas puis-qu’il a bien l’intention de corriger ses relations avec son parrain de mariage qu’il compte rappeler au gouvernement. Toutes les tentatives pour dompter Kessilé Tchalla, sont restées sans succès. Le célèbre médecin urologue en visite à Cotonou n’a pas daigné prendre la main tendue de son filleul.

Bruno Amoussou au palais de la Marina

La présence hier de Bruno Amoussou au palais de la Marina peut être comprise sous deux aspects. Dans un premier temps, on pourrait voir à travers cette visite du leader du Psd et membre du G4, une concertation dans le cadre de la formation du prochain gouvernement. A ce titre, il y a lieu de dire que c’est sur invitation du chef de l’Etat que l’ancien ministre d’Etat est allé à la présidence. On peut déjà penser qu’il est allé représenter le G4, puisqu’il y a des mois, il était déposé au chef de l’Etat le mémorandum de l’intergroupe. Doit-on s’attendre à ce que les mêmes qui lui avaient signifié en Novembre 2008 un refus catégorique à son invitation à participer au dialogue politique pour mettre fin à une crise politique seraient revenus en de meilleurs sentiments ? Avec le discours plus que virulent auquel on assiste, il faut en déduire qu’ils ne lui ont pas encore pardonné tous les coups qu’ils ont reçus. L’autre aspect de cette visite, revêt un caractère de reconnaissance, en cela que lors du 70ème anniversaire de l’anniversaire de Bruno Amoussou, le chef de l’Etat lui a envoyé un bouquet de fleurs.

Fidèle Nanga

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