pression sur bio tchané

2011: La France met la pression sur Tchané pour qu’il cède

La nouvelle tribune du 7 Septembre 2010

La candidature d’Abdoulaye Bio Tchané pour les présidentielles de 2011 est encore secouée par une nouvelle polémique. En mission pour Yayi, des autorités politiques françaises mettent la pression sur Bio Tchané pour l’obliger à renoncer à son projet de candidature pour les présidentielles de 2011. Bien que déterminé à aller jusqu’au bout, il n’est par pour le moins pensif sur le sujet et obligé de partager cette information avec ses lieutenants.

Comme en 2006, Abdoulaye Bio Tchané va-t-il jeter le manche après la cognée ? Depuis quelques jours, ce n’est pas la bonne ambiance au sein de la coalition qui le soutient. En effet, selon des informations concordantes, Abdoulaye Bio Tchané aurait reçu à maintes reprises des émissaires envoyés par des autorités françaises pour le dissuader d’abandonner sa candidature pour les élections présidentielles de 2011. Des coups de fil et des messages d’icônes de l’Elysée et du Quai d’Orsay auraient aussi appuyé cette visite. De ces nombreuses pressions, il ressort que la France ne serait pas d’accord avec la candidature d’Abdoulaye Bio Tchané qui est considéré comme une menace sérieuse à la réélection du président Boni Yayi. Les mêmes sources racontent que les autorités françaises se sont inspirées d’un dernier sondage effectué par un institut français qui classe Boni Yayi troisième au premier tour et donc n’a aucune chance d’être réélu. Il faut tout faire pour remonter la côte de popularité du président Boni Yayi. C’est le sens de l’engagement des autorités françaises. Ainsi, elles ont demandé à Tchané d’attendre 2016 pour se présenter aux élections présidentielles et bénéficier de leur soutien. On aurait proposé de lui rembourser les fonds engloutis dans la mobilisation une fois qu’il accepte de renoncer. Cette information a mis le président de la Boad un peu dans le dilemme mais n’entame en rien sa détermination à aller jusqu’au bout, ajoutent les mêmes sources. Les barrons de la coalition y réfléchissent activement. Mais après moult réflexions, la tendance majoritaire est à la poursuite du combat. On n’envisage pas pour le moment d’abandonner ce combat entamé depuis des mois et de laisser s’écrouler aussi facilement l’édifice politique qu’on a commencé à bâtir. Beaucoup parmi eux ont même demandé au président de minimiser cette préoccupation car ce ne sont pas les français qui votent au Bénin.

Un nouveau coup de Yayi

Le président Boni Yayi multiplie ses manèges pour empêcher Abdoulaye Bio Tchané de se présenter aux élections présidentielles de 2011. Après avoir tenté vainement de le dissuader par le truchement des sages et têtes couronnées du septentrion, il a donc fait recours aux autorités françaises afin de le décourager définitivement. Mais en vérité, cette position française ne devait étonner personne. La France est toujours là où il y a ses intérêts. Tenez, le gouvernement du docteur Boni Yayi est l’un des rares depuis 1990 à sauvegarder presque à 100% les intérêts économiques français au Bénin. Avec Bolloré au port de Cotonou, Lafarge à la cimenterie d’Onigbolo, Orange bientôt à l’Opt, Pic Network -d’un membre des réseaux d’affaires de l’Elysée-à l’Ocbn et bien d’autres bradages de patrimoines béninois à des firmes françaises, la France a de quoi pavoiser et aider Yayi à rempiler. Seulement, rien n’est définitivement gagné pour Yayi. On connaît la versatilité et les méandres de la politique africaine de la France. 2011 est bien loin et Yayi doit garder sa tête sur ses épaules.

Marcel Zoumènou