manifestation

Réalisation de la Lépi:Les populations de l’Ouémé manifestent contre les irrégularités du processus


Le Matinal du 20 Octobre 2010

Unies derrière Me Adrien Houngbédji, le candidat unique aux prochaines présidentielles de l’Union fait la Nation (« Un ») et d’autres responsables de la même alliance politique, les populations de l’Ouémé ont manifesté contre les irrégularités relatives à la confection de la Liste permanente informatisée (Lépi) constatées dans leur département. A travers une marche de protestation organisée dans la ville de Porto-Novo hier mardi, les habitants des 9 communes dudit département ont dénoncé le cafouillage ayant entaché le démarrage de la troisième phase du processus et montré leur opposition à l’établissement « d’une Lépi bâclée sans boussole, tronquée et taillée sur mesure ». Elles ont exigé par ailleurs « l’arrêt immédiat des opérations d’enregistrement ». Lire ci-après la teneur de leur motion.


Motion des populations des communes du département de l’Ouéme

*Vu la loi n° 90-032 du 11 décembre 1990 portant constitution de la République du Bénin ; * Vu la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples adoptée le 27 juin 1981 ; * Vu la loi n° 2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation du recensement électoral national approfondi et établissement de la liste électorale informatisée ; * Considérant l’impréparation totale qui a caractérisé la réalisation de la cartographie censitaire dans le département de l’Ouémé ; * Considérant le cafouillage indescriptible dans lequel s’est déroulé cette première phase de l’opération ; * Considérant que des agents cartographes sans qualification requise avaient été parachutés sur le terrain pour une opération pourtant sensible ; * Considérant que toutes les structures compétentes (INSAE, CENATEL, CNT … ) n’étaient pas réellement impliquées dans la réalisation des deux premières phases de la réalisation de la LEPI ; * Considérant que la deuxième phase n’a pas connu une véritable validation par tous les différents acteurs concernés avant le lancement de la troisième phase de cette opération ; * Considérant que les omissions constatées à la fin des opérations du recensement porte-à-porte n’ont pas été effectivement corrigées comme clamé sur tous les toits ; * Considérant que les opérations d’enregistrement ont révélé à travers les cahiers ouverts dans les centres de collecte que le nombre omis a atteint des chiffres très inquiétants notamment 62 719 à Porto-Novo, 10 803 à Akpro-Missérété, 8 153 à Avrankou, plus de 36000 à Sèmé-Kpodji ; *Considérant la précipitation et le cafouillage qui ont caractérisé le démarrage de la troisième phase ; *Considérant que lors des dernières élections municipales et locales de 2008, le nombre d’électeurs inscrits était évalué à plus de 64 000 pour la commune d’Avrankou et plus de 235 000 pour la ville de Porto-Novo ; *Considérant que les chiffres respectifs de 55 000 et de 102 446 des personnes de plus de 12 ans enregistrées et avancés par le Superviseur Général de la CPS pour Avrankou et Porto-Novo sont suffisamment erronés, mettant à nu les manœuvres machiavéliques qui visent à dépouiller le département de l’Ouémé d’une bonne partie de sa population ( car ramenant par avance les personnes en âge de voter en 2011 dans respectivement Avrankou et Porto-Novo à 40 000 électeurs contre 64 000 en 2008 et 80 000 électeurs contre 235 000 en 2008) ; cette situation étant plus alarmante lorsqu’on s’intéresse aux mêmes données statistiques dans les autres communes de l’OUEME à savoir : SEME, ADJARRA, MISSERETE, DANGBO, ADJOHOUN, BONOU et AGUEGUE * Considérant que les kits ont été déployés en nombre inférieur par rapport aux prévisions sur tout le territoire du Département de l’Ouémé ; * Considérant que ces kits sont très mal chargés faisant apparaître les données de certains villages ou quartiers de ville d’un arrondissement donné dans les kits affectés à un autre arrondissement ; *Considérant que plusieurs jours après le démarrage de la phase biométrique, il manquait encore cent quatorze (114) kits et que beaucoup de centres de collecte sont restés sans kit dans le département de l’Ouémé ; * Considérant que les données chargées dans les kits ont révélé un nombre de pétitionnaires très inférieur à celui du recensement porte-à-porte et dans toutes les communes de l’Ouémé, soit une différence de plus de 158 000 dans le département de l’Ouémé, ce qui ne prend pas en compte cette frange de la population inscrite dans les cahiers de ratissage déposés dans nos quartiers et villages lors de la phase du recensement porte-à-porte ; *Considérant que des opérateurs kits sur le terrain n’ont pas reçu une formation adéquate puisqu’ils ont révélé leur incapacité à démarrer, toucher au clavier et faire la saisie sur ordinateur ; *Considérant que beaucoup d’entre eux n’ont pas pris service et que certains ont démissionné vu les conditions de travail ; *Considérant que les capteurs d’empreintes ne captent pas tous les doigts des pétitionnaires ; *Considérant que les techniciens superviseurs n’ont trouvé comme palliatif que d’instruire les op kits à amputer des doigts aux pétitionnaires afin d’évoluer dans leur opération ; *Considérant que plusieurs certificats d’enregistrement sont imprimés en blanc noir et parfois même sans photo contrairement à la loi ; *Considérant que jusqu’à ce jour des serveurs sont restés non fonctionnels et que des DVD gravés se baladent sans aucune mesure de sécurité entre les mains des DRA et MCRE contrairement à la loi ; *Considérant l’arrêt unilatéral par la MIRENA de graver les enregistrements dur DVD en violation flagrante de la loi ; * Considérant que plusieurs citoyens détenteurs de récépissés du recensement porte-à-porte n’ont pas retrouvé leurs noms dans les kits, que lesdits récépissés leur ont été retirés et qu’un même numéro d’ordre apparaît sur plusieurs certificats d’enregistrement de différents pétitionnaires ; *Considérant les contradictions notoires installées entre les différentes structures impliquées dans l’opération qui pourtant devrait être consensuelle selon la loi en vigueur ; *Considérant que toutes ces ratées ne peuvent présager d’aucune Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) transparente, fiable, consensuelle ; *Considérant que nombre de nos concitoyens vivent encore les affres des inondations et ne sauraient être injustement écartés du processus de la réalisation du RENA/LEPI ; Nous, populations des communes du Département de l’Ouémé : • Dénonçons les manœuvres du Superviseur Arifari Bako NASSIROU à faire consommer aux populations de l’Ouémé une LEPI bâclée et sans boussole. • Exigeons 1. L’arrêt immédiat des opérations d’enregistrement ; 2. L’évaluation et la validation des deux premières phases du RENA/LEPI par tous les acteurs concernés ; 3. Les corrections des anomalies et disfonctionnements constatés pendant les deux premières phases ; • Rejetons 1- Une LEPI réalisée dans la précipitation ; 2- Une LEPI sectaire et d’exclusion ; 3- Une LEPI tronquée et taillée sur mesure ; 4- Une LEPI qui ne respecte en rien la réalité du terrain ; 5- Une LEPI qui menace la cohésion et la paix sociales ; Par conséquent, nous tenons responsables le Superviseur Général de la CPS/LEPI et la Présidente de la MIRENA des déconvenues éventuelles qui découleraient de leur entêtement dans la poursuite des opérations. Enfin, nous en appelons au sens de responsabilité des représentations diplomatiques et consulaires, des organisations régionales et sous-régionales, des partenaires techniques et financiers et de toutes les institutions de la République afin qu’ils ne cautionnent ces manœuvres qui visent à conduire notre cher pays le Bénin à la dérive.

Chers partenaires étrangers, mieux vaut prévenir que guérir car, le Bénin ne veut pas d’une mission de paix.

Vive la démocratie !

Vive le Bénin !

Nous vous remercions.

Fait à Porto-Novo, le 19 octobre 2010

Les populations des 9 communes de l’Ouémé

×