le pouvoir joue

Excès des mesures exceptionnelles depuis l’annonce du K.O aux présidentielles : Le pouvoir Yayi joue à se faire peur     
5 avril 2011
Par La tribune de la capitale

Depuis le 13 mars 2011, une partie du pays connaît une ambiance peu ordinaire. Les mesures exceptionnelles toutes relatives pour l’instauration d’une certaine sécurité et une paix sociale sont prises ça et là. A l’analyse, et face à la disproportion entre les réalités vécues quotidiennement et les mesures exceptionnelles prises, on est bien tenté de penser que Yayi joue à se faire peur.

Francis Z. OKOYA

Forte militarisation de la ville de Porto-Novo et des communes avoisinantes, intimidation, dissuasion et répression systématique de toutes manifestations à consonance discordante des voix de la mouvance présidentielle, arrestation et procès de manifestants proches de la mouvance, mise en garde et menaces non voilées à l’encontre de la presse, déplacement de la prestation de serment au stade Charles de Gaulle en lieu et place de l’esplanade de l’Assemblée,…tout est mis en branle par le pouvoir de Boni Yayi pour se préserver on ne sait contre quelle attaque. Morceaux choisis :

Alerte n°3 pour quelle menace ?

Face à la militarisation de la Capitale, le fort déploiement des policiers, gendarmes, militaires, sapeurs-pompiers…, du matériel roulant, des armes visible à presque tous les deux cent (200) mètres, l’explication de la hiérarchie est venue en ajouter au flou qui était née de la vue et la promiscuité des simples et paisibles citoyens avec ce qui frise un état de siège, un couvre-feu qui ne dit pas son nom. En effet selon la hiérarchie militaire, il en ainsi parce que le niveau d’alerte est désormais passé à 3. La question restée sans réponse jusque-là est de savoir l’alerte contre qui ou quoi. Comme dans un film de mauvais scénario dont le changement a le secret, il a été évoqué par certaines langues et par certaine presse l’existence d’un groupe de mercenaire et de milice recruté par l’opposition et en entraînement dans la région de la commune d’Adja-Ouèrè. Depuis bientôt trois semaines que le sujet a été évoqué, la grande armée républicaine n’a pu écumer la modeste commune d’Adja-Ouèrè pour dénicher ces descendants de Bob Denard. Moralité de la leçon : du pipo.

Le stade Charles de Gaulle, une forteresse pour la prestation de serment

Ensuite et suite au passage du président Goodluck du Nigéria, il a entendu que cette visite avait côté jardin, pour but d’informer Boni Yayi de l’existence d’un redoutable groupe armé ayant siège au Nigeria et avec qui des béninois aurait pris contact ; une autre invention hollywoodien des hommes du pouvoir. Quel bilan les forces de l’ordre toute catégories confondues pourrait bien faire à 24 heures de l’investiture ?

Juste quelques individus arrêtés dont le crime aurait été de vouloir marcher et pour les plus condamnables, d’avoir brûlé de la pneumatique sur la voie publique avec au passage quelques cailloux et gros mots pour répondre aux gaz lacrymogènes ( il en a été tiré en un mois plus qu’en vingt ans), aux matraques, aux coups de poings militaires, de godasses, de crosse de fusil.

Par ailleurs, il est étonnant que la prestation de serment de Boni Yayi soit transférée dans l’enceinte du stade Charles de Gaulle de Porto-Novo en lieu et place de l’esplanade de l’Assemblée qui a toujours accueilli pareille cérémonie. Ceux qui voudront faire de l’esprit parleront d’une question de commodité et d’organisation, mais le simple taxi-moto de la Capitale crois dur comme fer que c’est par crainte d’une certaine réaction des militants de Houngbédji ou des propos attribués à ce dernier et faisant état de ce que lui-même prêtera serment le même jour que Yayi. Or les mêmes qui disent ou pensent ainsi ajoutent tout de suite : « …mais personne ne lui dit et ne lui dira rien… ils ont dit que c’est lui qui a gagné, qu’il vienne faire sa cérémonie, notre combat continuera après… ».

Les pères de la Conférence nationale, les artistes, les enfants et la Haac

Enfin l’autre élément qui faire véritablement penser que le pouvoir Yayi joue à se faire peur et cette longue exaspérante et ennuyeuse campagne pour la paix au Bénin. Alors que les images d’appel pour la paix issues de la Conférence nationale des forces vives en 1990, ont été rangées depuis fort longtemps ( elles n’ont pas été vues aux élections de 2006 pas même celles des communales de 2008), ces images suivie de message exhortant à la paix tournent en boucle sur la télévision nationale. Tous les artistes chanteurs qui passent sur les écrans de télévision n’ont qu’un mot à la bouche : la paix. Les félicitations les plus farfelues comme les plus sérieuses invitent le camp de l’opposition à œuvrer à la paix. Même les enfants sont mis à contribution. La Haac est entrée dans la danse avec sa dernière décision faisant restriction de la publication des informations émanant du camp contestataire des résultats. En somme et au regard de tout ce qui précède, à la question de quoi a peur le pouvoir Yayi, on se rend compte en réalité et en définitive que c’est le pouvoir

Yayi qui joue à se faire peur.

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