interview yayi3

Merci monsieur le président. Comme on peut le découvrir, le projet est porteur de beaucoup d’espoir et de création d’emplois. Certains jeunes se sont déjà intéressés à la question et se sont installés. C’est vrai ils n’ont pas attendu l’installation de cette banque. Ils ont eu recours aux micros crédits. Ils se sont installés mais ils ont des difficultés. Au-delà de cet exemple quels sont les outils qui s’offrent à ces jeunes ou à ces personnes qui veulent s’investir parce que la question du chômage est un casse-tête pour tous les gouvernements. Je crois que le vôtre n’en fait pas exception. Puisque nous parlons d’emplois, c’est vrai il faut pourvoir à l’autosuffisance alimentaire, mais en même temps juguler la crise.

Si je dis que la question agricole n’est pas discutable, c’est parce que je pensais à cette jeunesse. Aujourd’hui, de quoi nous disposons pour offrir des emplois à cette jeunesse là, leur offrir du revenu, en dehors de la terre ? C’est ça la question. C’est pourquoi j’ai dit on mettra tout en œuvre. Vous voyez, il ya des questions qui ne sont pas négociables. Il y a un problème d’avantage comparatif. Donc c’est pourquoi nous avons dit, dans ce programme là nous allons réserver un guichet spécial pour les jeunes. Le programme d’insertion des jeunes dans la production agricole. Dans le cadre de la valorisation de nos vallées. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à près de 12 000 jeunes qui sont aidés. L’essentiel c’est vrai, il faut le reconnaitre se trouve, surtout du côté de l’Alibori-Borgou à cause de la vallée du fleuve Niger où tout est pratiquement prêt. Au Sud, il nous faut encore négocier, négocier. Il y a encore des jeunes, ça c’est vrai. Mais naturellement au plan national, nous sommes à près de 12 000 jeunes qui sont aujourd’hui aidés. C’est déjà quelque chose et nous voulons aller plus loin. C’est pourquoi dans le cadre de mes tournées au niveau des communes, c’est cette question que je leur rappelle. Je dis à nos maires, attention ne négligez pas ça. Nous sommes prêts. Parce que tout ce qui est fait pour ces jeunes du point de vue défrichage, réhabilitation des terres etc, c’est fait gratuitement. Vous voyez ? Les intrants tout ça est fait gratuitement en leur faveur. Donc il faut profiter de cela. Ça c’est l’assistance de la nation. Donc nous comptons sur la terre pour régler le problème de l’emploi des jeunes, de la distribution de leur revenu. Nous comptons sur le financement aussi des micros crédits, il y en a qui se débrouillent, je ne sais pas comment ils font. Et l’instrument qui a été mis en place, le Fonds national pour la promotion et l’emploi des jeunes. Là aussi, on a mobilisé 5 milliards pour aider les jeunes. Et c’est opérationnel déjà. Je me dis lorsqu’on parle de l’agriculture, d’ailleurs à mon Conseiller en charge de l’Agriculture, Eric Adja, je lui demande de temps en temps, aller parler aux jeunes, il faut être toujours avec eux. Pour le moment, je n’arrive pas à les regarder dans les yeux, j’ai honte. Pour l’agriculture, on s’est dit, une fois qu’on produit, il faut qu’on se donne l’instrument pour pouvoir conserver leurs productions, pour pouvoir les transformer. Tout ça c’est générateur d’emploi. Et les missions sont déjà au Brésil, en Inde parce que c’est des puissances qui sont reconnues pour leur maitrise des technologies adaptées. Et nous allons nous lancer dedans. Mais c’est à cause de ça que l’arrivée de cette crise financière est décevante. Dieu, en tout cas, nous croyons beaucoup en toi, aide nous à nous abandonner à toi. Parce que c’est toi qui donne. Comme c’est toi qui nous a aidé pour démarrer, il faut nous laisser continuer comme ça.

Et la question de la révolution verte ? Enfin les biocarburants, on entend toujours de plus en plus parler de çà. Ça risque de créer la famine au Bénin. Est-ce que vous avez fait votre choix ? C’est-à-dire tourner le Bénin vers la révolution verte ou opter pour l’autosuffisance alimentaire ?

Lorsqu’on était à la Fao, ma délégation par ma voix a dit que le choix que nous avons fait, c’est d’aller vers ces formes de productions agricoles et industrielles tout en faisant en sorte qu’elles soient complémentaires. Maintenant, selon la technologie, on peut produire le biocarburant sans entamer les conditions qui doivent nourrir notre autosuffisance alimentaire. Aujourd’hui il faut dire que les technologies sont là, et sont disponibles. Je crois que d’ailleurs la délégation française nous a soutenu et accepté la proposition du Président Sarkozy qui a dit que la République va beaucoup insister sur çà. Il y a eu appel d’offre au niveau de la société de sucrerie les Sss à Savè pour démarrer. Nous produisons déjà la canne à sucre. Nous voulons faire du biocarburant. J’ai dit pourquoi pas ? Si vous êtes prêt, moi aussi je suis prêt. Naturellement, ce que nous voulons faire, nous avons déjà une législation et dans cette législation, nous avons fait le choix d’aller vers cela sans entamer notre détermination à régler l’autosuffisance alimentaire de notre peuple. Voilà ce que nous avons fait. Il y en a qui viennent déjà et m’ont dit qu’ils veulent aller dans cette direction. Il y a beaucoup de puissances aujourd’hui. Les pays du Golfe qui vont venir. Et ils nous disent dites nous ce que vous n’avez pas. Nous leur avons dit, nous n’avons pas de matières agricoles. Nous voulons aller à la mécanisation. Donc nous voulons faire en sorte que le Bénin puisse produire s’auto suffire et exporter les excédents. On prêt à acheter cela. On doit faire en sorte qu’on n’ait plus de problèmes de marché.

Depuis quelques temps dans notre pays, le sujet d’actualité, c’est l’affaire Cen-Sad. On ne vous a pas depuis entendu, c’est vrai. Mais comme nous vous avons devant nous. Pouvez-vous nous dire Monsieur le Président, ce qui s’est réellement passé. Est-ce que vous pensez qu’il soit nécessaire d’en parler ?

Mais la voix du maître compte beaucoup parfois. Les Béninois veulent vous entendre. C’est leur droit puisque je leur ai dit que notre démocratie gagnera au fur et à mesure que mes compatriotes vont s’imposer un certain nombre de principes au nombre desquels figurent l’obligation de reddition des comptes, l’obligation du compte-rendu je crois et naturellement l’obligation de résultats. Je dois vous dire que naturellement je suis un peu peiné d’en parler ; que je sois aujourd’hui devant ce tribunal parce qu’il y a un tribunal. Il y a beaucoup de choses qui se sont passées. Bon, je prie Dieu tout puissant pour que la nation se retrouve le plus rapidement possible. Mais naturellement, c’est à nous de créer les conditions. C’est à moi, qu’incombe le devoir de rassurer les gens. Ma vision n’a pas changé s’agissant de la meilleure utilisation de nos ressources limitées à des fins du développement de notre nation. Ma vision n’a pas changé sur la question de la lutte contre la corruption, je vous le jure. Mais je crois, vous entendrez beaucoup de choses, c’est normal. Je suis un peu, plus ou moins la poubelle. La Cen-sad, est-ce qu’on a eu tort de demander ce sommet ? Vraiment ! Moi, je pensais que c’était nécessaire. Que tous les investissements que nous avons faits, à un moment où les ressources étaient limitées, il faut le reconnaître. Mais, à un moment donné, puisque nous sommes condamnés à régler ça, il faut le faire. Je vous ai parlé des ressources additionnelles que Dieu nous a données au prix de poursuivre, de pourchasser certaines ressources qui nous échappaient hier. Il faut les récupérer ; ce que nous avons fait. On va aller vite puisqu’on a ça. Quand on se demande si c’est à cause de la Cen-sad qu’on a fait même des voies, je ne sais pas quoi dire. C’était nécessaire. Même s’il n’y avait pas la Cen-sad, il fallait le faire. Peut-être, ce qu’on me dira, ça devait être programmé dans le temps. C’est vrai ! Mais de temps en temps, je constate que quand on veut aller vite aussi, eh bien, on a des problèmes. Est-ce que c’est l’aéroport qui a été construit depuis l’indépendance que nous méritons aujourd’hui ? On est en train de parler de quarante neuvième anniversaires, qu’on ait qu’une piste où il y a à peine neuf postes de parking. Même les gros porteurs ne pouvaient pas atterrir. Il faut qu’ils aillent jusqu’au Togo. Mais ce n’est pas possible. Il y a aussi des questions qui devaient être non négociables. Nous avons travaillé pour augmenter la capacité de notre aéroport. Ce que nous avons fait dans un premier temps d’abord pour aller à vingt deux (22) postes lorsqu’on nous a dit attention ça ne suffit pas. On a dit, poussez, on va aller à vingt cinq (25) postes. On a fait lancer un appel d’offres international. Je crois que c’est Colas qui a gagné ce marché là. La voie qui quitte l’aéroport qui passe devant le ministère de la Défense et va à Air Afrique,là aussi, je reconnais que ce n’était pas prévu dans le budget voté par nos honorables députés. Je le reconnais vraiment. C’est pourquoi d’ailleurs lorsqu’on a dit qu’on va saisir la Bidc, cette banque de la Cedeao pour nous aider parce qu’à un moment donné, cette piste là se dégradait. L’aéroport en fait, c’est notre label. Lorsqu’on dit qu’il faut créer au Bénin un environnement d’affaires de classe internationale, c’est de ça qu’il s’agit. On ne pouvait plus passer parce qu’on a déjà oublié que cette voie là allait disparaître si rien n’était fait. On a dit qu’on va aller vite également. Les députés vont nous taper dessus mais ce n’est pas grave. N’est-ce pas ! On s’est lancé dedans, il y a eu un appel d’offres international et il y avait deux on m’a dit, un certain Yaya, un opérateur économique plus Colas je crois. Sauf erreur de ma part. Et les deux avaient proposé une offre de l’ordre de treize, quatorze milliards. Ce dossier est passé au conseil des ministres aussi. Ils ont dit treize, quatorze milliards, allez négocier, on n’a pas de moyens etc. prenez celui qui aura consentir plus de réduction. Ils sont venus nous dire, je crois le ministre de TP, oui c’est Yaya qui a accepté pour dix, onze milliards. On avait décidé de faire ça. Et quand on a commencé, j’ai fait venir le Président de la BIDC, Christian Adovelandé. Je lui ai dit, sauvez nous, on va finir ça une fois pour toutes. Mais la voie qui quitte l’aéroport et qui passe par Sheraton et autres, là on a fait ça sous forme de maîtrise d’ouvrage déléguée parce qu’on voulait faire tout ça là à la fois et qu’on en finisse. On sait qu’au moins Cotonou, notre capitale économique, il faut l’embellir une fois pour toutes, et la doter d’infrastructures quand même qui puissent être à la hauteur de notre démocratie. Naturellement, ce qui a été fait parce que la Banque mondiale nous a recommandé en disant « si vous avez des problèmes de bureaucratie, de lourdeur administrative, vous pouvez vous attacher les services d’une institution privée. Et c’est après cela, qu’ils ont fait l’appel d’offres. Ils ont pris Agetur. Donc, c’est l’Agetur qui s’est substituée à l’Etat pour faire cette voie qui passe devant Sheraton et c’est l’Agetur qui a fait l’appel d’offres de lui-même. Les comptes de l’Agetur sont certifiés, sont reconnus sur le plan international, les comptes sont audités etc. c’est-à-dire qu’on fait l’hypothèse que l’appel d’offres de Agetur est transparent. Voilà ce que nous avons fait. Mais, naturellement, tous ces dossiers sont passés au Conseil des ministres mais ce qui n’est pas passé d’une manière formelle en tant que marché public, suivez bien, c’est la rénovation du Cic et du Palais des congrès. Je dois vous dire qu’à la faveur du sommet, on a dit qu’il faut embellir notre ville, nos institutions-là où on va faire des réunions et tout ça. Je le reconnais. Jusque-là encore, on repeint, on fait ceci, on fait cela ; voyez. Et puis, j’ai entendu aussi qu’il fallait revoir la salle etc. etc. le conseil des ministres, il y a des moments où je n’y vais si je n’ai pas de point particulier, s’il n’y a pas de dossiers qui nécessitent ma présence parce que pour moi, je leur fais confiance. Et je demande Monsieur le ministre d’Etat qui coordonne l’activité gouvernementale, allez présider. Jusque là encore, c’est vrai, il n’y a pas une pratique en tant que telle, puisqu’on avait vu ces dossiers sur les trois voies, les trois infrastructures, lorsqu’on a appris, rappelez vous, tout le peuple béninois a constaté que la devanture du Cic est tombée en pleine réfection. Je crois que c’est ça qui a attiré l’attention des gens, que tout le monde a, à un moment regretté, puisqu’il y a eu mort d’homme. Il y a un compatriote qui est mort. Et puis, naturellement, ce n’est plus un sujet banal quand on était à quelques jours du sommet de la Cen-sad, les gens s’étaient affairés à travailler partout, partout et il n’y avait pas de temps. Je m’étais dit, après le sommet, on va régler ça. Il y a eu le sommet. Lorsqu’il y a eu le sommet, après le sommet, les gens continuaient par dire oui, voilà il y a ceci, surfacturation… il y a ceci. Très bien ! J’ai été heureux d’apprendre un jour que les députés disent qu’ils vont envoyer une commission d’enquête parlementaire. Je dis ah ! Dieu, je te remercie infiniment. On était là, premier mois rien. Deuxième mois, rien. Troisième mois rien. Qu’est ce que ça veut dire ça ? Je dis mais, j’ai poussé même certains députés « allez me voir ça » parce que les résultats des députés me permettraient naturellement de faire le ménage dans mes rangs. Jusque là, je vous le jure, Dieu est témoin, j’ai toujours crû que c’était le ministère de l’urbanisme qui avait fait le travail. Ce que je voudrais ajouter, c’est que le comité d’organisation aurait, je dis bien aurait, là il faut être honnête, aurait fait une communication pour dire qu’ils vont renouveler, ils ont même donné le coût 2 milliards 600 millions je crois en hors taxe (Ht) soit l’équivalent de 3 milliards 100 millions en toutes taxes comprises (Ttc) sous forme de communication en conseil. Je le dis parce que, lorsque l’affaire est arrivée, tout le monde avait oublié qu’une telle communication est passée. Tout le monde ! J’étais chez moi lorsqu’un jour, on m’a attiré la main, j’ai appelé le secrétaire général je dis mais, « vous dites qu’il n’y avait pas le dossier, vérifiez. Je viens d’apprendre qu’il y a eu une communication ». Il se lève, ils ont fouillé. Lui aussi, en tant que secrétaire général par intérim, il a fouillé, fouillé certainement il n’était pas là, il n’était pas le titulaire. Le titulaire est devenu aujourd’hui ministre de la justice, garde des sceaux. Donc il a fouillé et il a dit « Monsieur le Président, j’ai trouvé un dossier. C’est le comité d’organisation qui a introduit le document la dedans, ils ont dit que la réhabilitation devait revenir à 2 milliards 600 millions hors taxes soit 3 milliards 100 millions toutes taxes comprises ». Eh bien, puisque moi j’avais dit au ministre Lawani, vous êtes dur. Puisqu’à un moment donné, moi j’avais entendu dire qu’il n’y a pas une communication. Mais en réalité, ce n’est pas lui qui a introduit. C’est le comité. Mais à la seule différence qu’il n’y avait pas un dossier de marché public. Voyez la nuance. Il y a une seule communication pour dire on va réhabiliter, mais il n’y avait pas un dossier pour aider à minimiser les coûts etc. ou à tenir compte de la qualité de l’adjudicataire. Il n’y avait pas ça. Mais ils avaient dit, nous allons le faire, ça coûtera 2 milliards 600 millions hors taxes. Il semble, je dis bien que je n’étais pas à ce conseil en ce moment, il y a eu le sommet. Lorsqu’il y a eu le sommet, quelques mois après, nos députés avec raison, ont commencé par dire attention ça ne va pas, on va faire une commission d’enquête parlementaire mais qu’ils n’ont pas mise en place pendant trois mois. Je dis mais cette affaire là, eh bien, j’ai besoin de connaître ce qui s’est passé. J’ai besoin d’informer le peuple dans le cadre de l’obligation de reddition des comptes. Et c’est comme ça que j’ai appelé l’Ige. Personne ne m’a contraint. Personne, personne ! Parce que personne ne savait comment je fonctionne. C’est de l’intoxication tout ça là. J’ai dis l’Ige, allez me faire ça. Et c’est comme ça que l’Ige est allée. Dix jours après, ce détail est important parce que je suis obligé de dire ce qui se passe. J’ai déjà appelé, je dis mais où est-ce que vous en êtes depuis que vous avez commencé le travail. Je dis allez-y vite, c’est indispensable pour moi. Et c’est comme ça qu’ils ont travaillé. Nous sommes arrivés au mois de novembre. Au mois de novembre, naturellement, il faut donner une base légale à tout ce que nous avons fait dans le cadre de la Cen-sad qui n’était pas prévu dans le budget initial de 2008. Donc naturellement, d’où l’idée du collectif budgétaire. Naturellement, les députés, ils sont dans leur rôle. « Ah, nous, on n’a pas été associé etc. » ça a été rejeté. Mais, je rends grâce à Dieu puisque le constitutionnaliste a exprimé que pour faire tourner les institutions de la République, pour faire tourner la Nation, il fallait un point de sortie. Et c’est comme ça que j’ai décidé le collectif avec l’ordonnance. Mais, je l’ai fait parce que c’était nécessaire. C’est pour prouver que je suis attaché à notre constitution. Si je ne l’avais pas fait, ça veut dire quoi et que je continuais de poser des actions dans le cadre de l’action gouvernementale, ça veut dire que j’ignore les députés, ça veut dire que je viole notre constitution. C’est ce que ça signifie. Et naturellement, ils seraient dans leur droit en disant nous allons traduire le Président de la République devant la Haute Cour de Justice pour raison de parjure. Je dis ah, ce n’est pas moi ça. A Porto-Novo, j’ai prêté serment sur cette constitution. Je vais prendre l’ordonnance. Pour eux, c’est anti-démocratique. Je dis mais, je suis obligé de prendre par la porte qui va me sauver moi ! Donc, c’est comme ça que j’ai pris l’ordonnance. Mais, naturellement, ce qui est écrit dans le collectif, vous pensez combien de comptes, combien de ceci et tout ça là, je sois capable de lire au moment où tout ce travail là se faisait ? Seul le ministre des finances peut savoir ce qu’il a écrit dans les chapitres etc. Donc, toujours est-il qu’on est passé. Mais pendant qu’on faisait ce débat, puisque les députés posaient ce problème de mal gouvernance, naturellement, l’Ige ne m’avait pas remis ses résultats. L’Ige continuait de travailler. Mais, sur quelle base, je pouvais sanctionner les gens ? Sur la base de « ils ont dit, ils ont dit » ou sur la base des intoxications auxquelles on est habitué maintenant ? J’ai gardé mon sang-froid. J’ai dit, il vaut mieux que j’aie un support. Et effectivement, l’Ige a fini par me donner le support. Il faut dire que j’avais demandé, mais pourquoi vous avez mis tant de temps. Ils m’ont dit ces gars là ils ont mis du temps, deux mois, ils ne voulaient même pas se prêter à leurs investigations d’après ce qu’il m’a dit. Je dis, je vous félicite. Il m’avait remis ça. Naturellement, je n’ai pas tardé. Lorsque, je crois que c’était en deux temps. Je dis mais il vaut mieux fusionner. Je veux aller au conseil des ministres. Et c’est comme ça que le conseil des ministres a été convoqué de moi-même en toute indépendance. Aucun partenaire au développement ne savait que j’avais cette affaire. Et c’est comme ça que j’ai réuni le conseil des ministres. On a pris la décision d’aller, le conseil a été houleux, c’est normal, de neuf heures à seize heures, ce n’était pas gai. C’était comme si je tirais sur mes troupes. Moi-même, je savais que c’était bien une période difficile qui s’ouvre pour moi. C’est normal. Mais je me devais de le faire, dans l’obligation de rendre compte à ce peuple. Je l’ai fait. Mais le rapport qui a incriminé le ministre des finances, le pauvre, vous savez les relations qui le lient à moi ? D’abord quand je vois les gens s’agiter ; est-ce qu’avant de le nommer, j’ai consulté qui que ce soit ? C’est moi qui l’ai fait venir. Je continue de l’aimer mais s’il y a quelque chose, j’ai des enfants et tout ça qui font, non tu as mal fait, je ne suis pas d’accord. Ça s’est passé comme ça. Et lorsque les résultats ont été diffusés, bon je vous ai dit qu’on n’a pas changé une virgule pour respecter l’indépendance de l’Ige. Mais je vais avouer que le jour où l’Ige m’a remis le document, j’ai ouvert et c’est le jour là que j’ai su que c’est le ministère de l’économie et des finances qui a fait les travaux. C’est Monsieur Lawani puisqu’ils ont écrit que c’est lui qui a géré l’affaire. Mais malgré ça, j’ai appelé le ministre Noudégbèssi. Je l’ai appelé. Je dis « répondez à l’Ige ». Et effectivement, j’ai vu que c’est le ministre Lawani qui m’a remis sa réponse. Vingt quatre heures après, comme je n’ai pas vu Noudégbèssi réagir, je l’ai convoqué et j’ai dit mais vous là, comment ça, et la réponse ? Et c’est là qu’il me dit mais Monsieur le Président, je ne me suis pas occupé du dossier. Donc, ça vient confirmer ce que l’Ige a écrit. Je vous dis que c’est le jour là que j’ai su que c’est le ministère de l’économie et des finances qui s’est occupé de la rénovation. Mais naturellement, ça a suscité une polémique. Et avant d’aller au conseil, j’ai appelé l’Ige, je dis mais, le ministre Lawani vous a répondu ? Vous tenez sur ce que vous avez écrit ? Voici ce qu’il a écrit quand même. Il me dit « Monsieur le Président, Ce qu’il a dit n’est pas vrai ». On est parti au conseil. Si c’est ça, je ne veux pas, puisque l’Ige, en la créant, je tiens à respecter ce qu’elle a écrit, ce qu’elle fait. Et c’est comme ça qu’on a balancé l’affaire sans toucher aux virgules. En principe, si je voulais tricher avec le peuple, mes chers compatriotes, c’était de prendre et de cacher. Loin de cacher, je ne sais pas si c’est ce qui se faisait avant, je dis de prendre et de cacher et puis terminé. Les gens vont bouder, bouder et puis c’est terminer non ! Je dis non. Je ne veux pas trahir ce peuple là. C’est vrai, c’est un problème. Si le Cic s’est effondré, voilà, voilà…appréciez ! On a prononcé, sur la base des propositions de l’Ige, c’est l’Ige qui a identifié les gens pour dire il faut sanctionner tel et tel. Moi, je ne connais personne. On a adopté la recommandation. C’est après qu’on dit que c’est le ministre de tel. Je dis bon, si c’est ça, Monsieur le Ministre d’Etat Koupaki, regroupez moi tous les protagonistes. Surtout que le ministre Lawani, dans la réponse qu’il a donnée, a rejeté ce que l’Ige a écrit. Et c’est comme ça que le ministre d’Etat Koupaki les a regroupés et les a écoutés. Et nous a fait un rapport en disant, en réalité, les conclusions de l’Ige ne peuvent pas être rejetées. Mais le problème dans cette affaire, c’est qu’ils ne sont pas arrivés à nous situer les responsabilités. Je ne veux pas rentrer dans les détails. Je dis que si c’est ça, les gens ont dû constater d’ailleurs entre le rapport de l’Ige lorsque le rapport a été publié, que c’était le ministre Lawani qui a été incriminé. Mais lui était déjà parti pour les histoires d’arrêtés qui devaient nous coûter vingt et un milliards sans que moi je ne sois informé, sans que le ministre des finances ne soit informé. Je dis mais ça là quand même, ça viole les dispositions de la Charte de fonctionnement du gouvernement. Donc, lorsqu’il est parti, vous avez dû remarquer que au moment où on a publié ce rapport, on n’a rien dit jusque là de Noudégbèssi. C’est lors de la réunion qu’on a appris évidemment qu’il y avait un problème de correspondance entre les structures du ministère de l’urbanisme et les structures du ministère des finances sur cette affaire. Dès cet instant, pour voir clair, il vaut mieux que le ministre Noudegbèssi soit mis de côté. Je dis si c’est ça monsieur le ministre, je vais vous mettre de côté à des fins d’enquêtes ou de justice. On est en démocratie, c’est vous qui devez vous dire d’ailleurs même, moi je démissionne, je me mets à la disposition de la justice. Donc, c’est comme ça que dans un second temps, il a été mis à l’écart. Mais puisqu’on nous a dit que les responsabilités n’étaient pas identifiées, on va faire une commission qui va écouter tout le monde maintenant, franchement dans les détails et nous situer les responsabilités. Nous en sommes là. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui qui a tort, qui a raison. Le ministre Lawani, je ne l’accuse pas du tout. Je marche sur ce que l’Ige a écrit et j’ai fait ça parce que, il le sait bien, je tiens à l’obligation de compte rendu à ce peuple là devant qui j’ai prêté serment. Donc, ça s’est passé comme ça. Mais, naturellement, ce que je voulais vous dire dans cette affaire, j’endosse la responsabilité puisque je suis le président, c’est moi qui ai nommé Lawani et Noudégbessi…c’est moi ien à reprocher à ma conscience. J’ai voulu servir la Nation. Je voulais être honnête. Je cherche des compétences. Ce que j’ai cru faire. Le ministre Koupaki qui était là qui n’a pas du tout, du tout démérité ; qui a fait du bon travail d’ailleurs pour aller à l’autre département du développement. Je dis qu’à un moment donné, on a presque fini l’assainissement des finances publiques. On était des rares pays à avoir résorbé les arriérés intérieurs c’est-à-dire la dette du secteur productif vis-à-vis de l’Etat. On avait tout payé à un moment donné. Tout, tout, tout. On était prêt. On fait partie des rares pays des arriérés salariaux. On s’est lancé dans le processus de la résorption des arriérés salariaux vis-à-vis des fonctionnaires. L’assainissement était proche. Franchement, je rends grâce à Dieu. Lorsque j’ai dit bon, puisqu’on est arrivé à ce stade là, monsieur le ministre d’Etat Koupaki, vous, vous irez au développement pour repréciser la vision, où est-ce que nous conduisons notre cher peuple, notre cher pays. Nous devons identifier la voie, où est-ce que nous allons, quelles sont les stratégies etc. mais si vous êtes au ministère des finances, vous allez faire du quotidien. C’est ce que je lui ai dit et j’ai fait venir Lawani. C’est comme ça. Naturellement, je dois reconnaître dans cette affaire là, lorsque les faits se sont passés, j’ai convoqué le ministre Lawani, je dis bien que j’aime bien, qu’est ce qui s’est passé ? Quelque part, est-ce que je peux conclure ou déduire. Donc je l’ai convoqué. Je lui ai dit mais, ce dossier là, Cic et tout ça là, vous êtes courageux ! Pourquoi vous n’avez pas transféré les marchés publics au conseil des ministres ? De deux, d’une manière générale d’ailleurs, j’ai constaté que les fonds publics, vous les gérez seul. C’est dangereux. Lorsqu’il y a des marchés publics, lorsque vous prenez le système des ministères, le ministre des Finances, c’est lui qui a la responsabilité financière de la nation. Et prenons le cas des marchés publics. Un ministre qui décide de faire du gré à gré. Tel qu’on est là aujourd’hui, je ne suis pas informé. Mais le code des marchés publics dit que ce ministre là s’adresse au ministre des Finances qui seul, donne la dérogation. Mais le code des marchés publics ne dit pas qu’avant de donner la dérogation, il doit voir le Président de la République ou qu’il doit aller au conseil des ministres. Le code des marchés publics ne dit pas ça. Mais, si c’est quelqu’un qui a peur, qui est humble, il se dit ce dossier là, je ne peux pas gérer ça seul. Je préfère aller me couvrir, n’est-ce pas ? Il n’a pas crû faire ça parce que soit disant d’après la réponse qu’il m’a donné, « j’ai crû avoir agi dans le cadre de ma délégation de pouvoir ». C’est ce qu’il m’a dit. C’est la réponse qu’il m’a donnée. D’abord, la première fois, je l’ai eu ; je l’ai convoqué dans mon bureau. Je dis mais, c’est grave ce qui se passe. Pourquoi vous l’avez fait seul ? Lorsque j’ai reçu le rapport de l’Ige. Puisque vous ne voulez pas me parler et votre collègue Koupaki. Il m’a dit, « je croyais à l’autonomie des ministères ». Deux jours après, j’ai convoqué le ministre d’Etat Koupaki, le ministre d’Etat Kogui et lui-même le ministre des Finances. Je dis mais, monsieur le ministre Lawani, d’une manière générale, vous avez engagé la nation avec les fonds publics seul, mais qu’est-ce que vous faites ? Les institutions de la République, les administrations et tout ça, si vous faites seul, mes compatriotes vont vous induire en erreur si vous ne savez pas faire. Partagez ! Il y avait Kogui et Koupaki. Et c’est là qu’il m’a répondu une deuxième fois, « j’ai crû avoir agi dans le cadre de la délégation de mes pouvoirs ». Voilà ce qu’il m’a répondu. Et je dis, moi, si j’étais à votre place, je ne l’aurais pas fait. Je ne l’aurais pas fait. Puisque vous ne m’en avez pas parlé et vous n’êtes pas venu chercher la couverture au conseil des ministres. Donc, voilà ce qui s’est passé. Ce qui s’est passé, je dois vous dire, je suis mal placé pour savoir aujourd’hui ce qui s’est réellement passé dans les détails. Je ne l’accuse pas. Il s’est passé un incident, le Cic s’est affaissé, le peuple s’en est indigné. Moi, en tant que premier responsable, puisque je n’avais pas l’information, je dis Ige, allez me faire ça. J’ai pris le rapport, j’ai réuni mes ministres, j’ai dit voici ce qui s’est passé. Allez, nous allons le publier. Vous qui êtes à côté de moi, je vous aime, je vous adore. Faites votre travail convenablement vis-à-vis de la Nation. Si vous faites autre chose, eh bien, je vais vous lâcher. Je ne vais pas couvrir. Je n’ai pas d’amis, je n’ai pas de parents. Je vais vous lâcher sur la question de la meilleure gouvernance, ça n’a pas de prix. Et effectivement, au moment où je le dis, c’est vraiment gênant mais il faut le faire. Je les aime tous et je salue le travail qu’ils font. Mais malheureusement, le problème qui concerne aujourd’hui le ministre Lawani, je dois vous dire que je suis le seul peut-être qui souffre énormément parce que j’aime ce garçon. Je l’aime bien. Comme, il s’est passé quelque chose qui transige avec mes convictions à moi, mais je me suis dit bon, je suis obligé. Et demain, il saura qu’en réalité, Yayi Boni a réellement raison. Alors, demain si on me donne les coupables, naturellement, je vais sanctionner. C’est moi qui ai nommé les ministres. J’ai cette responsabilité morale. J’assume. Mais l’objet de la commission neutre d’enquête est de situer les coupables et je rassure que les coupables seront sanctionnés, il n’y a rien à faire. Mais je ne peux pas sanctionner, mais qui vais-je sanctionner en l’étape actuelle des choses ? Encore que, il y a une confusion. Qui a fait quoi etc. A ce jour, je préfère ne pas en parler parce que je ne sais pas ce qui s’est réellement passé. Mais là où je veux en arriver, je dis que j’assume parce que je suis responsable. Mais quelque part, est-ce qu’il faut que je dise comment nous travaillons ? Non, naturellement. Je ne voudrais pas mettre dans la rue ce qui me lie aux ministres, je ne préfère pas, vraiment. Mais il y a l’essentiel quand même parce que je suis très attaché à cette obligation de reddition des comptes. Dans tous les cas de figure, je ne rejette pas mes ministres. Ils sont braves. Quand je nomme quelqu’un, c’est que je lui fais confiance. Est-ce que vous pouvez me reprocher d’avoir nommé le ministre Lawani ? Il est expert-comptable, chargé de la comptabilité de la Bceao, du budget de la BCEAO. En termes de niveau, je n’ai rien à lui reprocher.

 

Suite >>>
×