grippe porcine

Un cas suspect de grippe porcine au Bénin

Le Progrès du 4 Mai 2009

Alors que le Ministre de la santé et certains cadres ne cessent depuis un certain temps de faire comprendre certaines mesures drastiques qui seraient prises pour prévenir le virus de la grippe porcine au Bénin, un premier cas suspect a été découvert depuis le 27 avril 2009. Le Bénin figure désormais sur la liste des pays où est détecté le virus de la grippe A H1N1.

Même si le Ministre de la santé a longuement rassuré le vendredi dernier lors de sa conférence de presse organisé avec le Dr Akpa Raphaël GBARY, Représentant Résident de l’OMS au Bénin et des Docteurs Laurent ASSOGBA, Christophe MONSIA et Honoré DJOGBE, respectivement Directeur National de la Protection Sanitaire, Directeur de l’Elevage au Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche et Chef du Service Epidémiologie, Surveillance Sanitaire des Ports et Aéroports et Point Focal du Règlement Sanitaire (RSI) pour le Bénin, la chose est évidente. Une expatriée ayant séjourné au Mexique revenue au Bénin le 20 Avril, est suspectée depuis le 27 Avril dernier d’être porteuse du virus. Selon le professeur Issifou Takpara et les cadres compétents pour lutter contre ce mal, des dispositions seraient prises pour la prise en charge de cette maladie et de trois autres personnes avec lesquelles elle aurait eu des contacts. Présentant la maladie, le ministre de la santé s’est basé sur la symptomatologie proposée par l’Organisation mondiale de la santé et qui se résume en une fièvre brutale (température égale ou supérieure à 38°5C) avec syndrome grippal (toux, éternuement, fatigue, céphalée, écoulement nasal) associé ou non à une gêne respiratoire, dans un contexte de voyage récent ou de contact avec un voyageur dans un pays endémique, etc.
Selon le Ministre de la santé, les médicaments sont disponibles pour faire face à cette grippe et le stock sera renforcé au besoin avec l’appui de l’OMS et d’autres partenaires. Et donc, il n’est point question pour les populations de s’inquiéter.
Légitimes inquiétudes Lorsque le Ministre de la santé soutient que les médicaments pour faire face à la grippe sont disponibles, on ne peut que s’inquiéter. Surtout si l’on sait que selon certaines sources médicales, « seuls certains médicaments antiviraux peuvent empêcher le virus de se développer et d’entraîner des réactions sévères » et que les pays développés disent ne pouvoir obtenir le vaccin adéquat que dans quelques mois. Le Mexique, les Etats-Unis, la France et autres continuent de subir sans force les affres de cette épidémie sur le point d’être relevée sur l’échelle des pandémies.
Egalement, il reste à se demander par quelle manière les immigrations par le port, l’aéroport et les frontières terrestres pourront être contrôlées. Comment peut-on contrôler ces centaines de passagers qui débarquent à l’aéroport international de Cotonou ? Pendant combien de temps, comment et avec quels moyens peut-on vérifier les entrées aux différentes frontières terrestres ? Légitimes inquiétudes. Il urge donc que de réelles et raisonnables mesures soient prises et que le mal qui s’étend et fait aujourd’hui environ 200 victimes dans le monde puisse être atténué au Bénin.

Joël C. TOKPONOU