greve des ambassades

Ministère des Affaires étrangères : Bientôt une grève dans les ambassades

Le Matinal du 29 avril 2009


Ça grogne plus que jamais au ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine de la Francophonie et des Béninois de l’Extérieur ( Maeiafbe). Les diplomates s’organisent pour paralyser la diplomatie, parce qu’ils en veulent à leur ministre Jean Marie Ehuzou, impuissant face aux problèmes qui minent ce département.

Que ce soit dans la trentaine des représentations diplomatiques à l’extérieur, ou au département à Cotonou, les agents diplomatiques se mobilisent pour ne serait-ce qu’une journée de paralysie de la diplomatie béninoise. Dans cette perspective, l’assemblée générale extraordinaire du 4 mai 2009, s’annonce sur fond de tension. Mais en attendant, une lettre fait actuellement le tour des missions diplomatiques du Bénin accréditées dans les capitales étrangères et demande au personnel y travaillant de se mobiliser en vue d’un mouvement de débrayage. Le top de cette mobilisation n’est pas encore donné, mais il est imminent. Pour le Syndicat national des diplomates interprètes traducteurs et personnel administratif et technique du ministère des Affaires étrangères, l’heure est grave. Le personnel diplomatique en poste à Cotonou au ministère des Affaires étrangères passe désormais le clair de son temps à brandir son projet de grève, qui n’épargnera pas les ambassades du Bénin. On se demande dans quelle mesure le gouvernement, particulièrement le chef de la diplomatie béninoise, Jean Marie Ehuzou peut arrêter cet élan général. Il n’est pas certain qu’avec ce niveau de mobilisation que le ministre maîtrise la situation au point d’amener les diplomates à reculer. Ce sentiment, parce que depuis son arrivée à la tête de ce département, il s’ingénie à ne pas s’attaquer au fond aux problèmes du personnel, s’embrigadant dans la mauvaise pratique laissée par ses prédécesseurs. Car, à voir les revendications, il faut se rendre compte que les droits des agents diplomatiques, les bonnes pratiques pour rendre la diplomatie vivante et tournante sont dans une mauvaise passe. Lorsqu’on s’attarde un peu sur les problèmes, il faut relever entre autres que le secrétariat général du ministère, cheville ouvrière de ce département sur le plan administratif est animé par des chargés d’intérim. Depuis plusieurs mois que de Mme El-haji Diallo Boni a été promue ministre, il n’y a jamais eu de titulaire au poste. L’ambassadeur Isidore Monsi, a été intérimaire avant d’être affecté au Brésil. Après lui, Isidore Bio, a joué le même rôle, puis a été nommé pour un poste en Allemagne. A la date d’aujourd’hui, c’est encore un intérimaire, Euloge Hinvi qui assure l’intérim. En deux ans, on dénombre six intérimaires. Conséquence, le dysfonctionnement est toujours au rendez-vous. Sinon comment comprendre, que depuis des mois, les cadres affectés dans les postes à l’extérieur, n’ont pas eu leur titre de voyage. Comment comprendre que dans une administration qui est active, des cadres chevronnés sont laissés dans les bureaux attendant depuis des années leur redéploiement dans les missions à l’extérieur qui sont pour la plupart vides. Décidés à prendre leur destin en main, les diplomates projettent des mouvements. Mais est-ce le meilleur moyen pour amener le chef de la diplomatie béninoise à faire évoluer les choses, ou à l’amener à se mettre une fois dans la peau de ses collègues cadres confinés dans les bureaux sans attributions spécifiques ? Peut-être oui. Car, ailleurs ça a marché.

F.N