grand raniement du gouvernemen

En prélude aux enjeux électoraux de 2011 : Le gouvernement remanié à plus de 75%

Le Matinal du 13 Janvier 2010


  

Le chef de l’Etat serait fin prêt pour rendre publique son équipe de guerre pour 2011. A son retour du check up qui l’a conduit incognito en France le vendredi dernier à bord d’un vol de Air France, le quatrième gouvernement evrait être, selon des crédibles sources, être renouvelé à 75%.

C’est un nettoyage systématique qui se mijote au sommet de l’Etat. Avec environ 75% des actuels ministres du président Yayi Boni qui feront bientôt leurs bagages. Il ne devrait rester que quelques personnalités reconnues pour leur capacité technique pour s’ajouter aux nouveaux venus pour former le prochain gouvernement. Lequel gouvernement est attendu, dit-on, dès le retour du premier magistrat qui séjourne en France depuis vendredi dernier pour des raisons de santé. Ce remaniement stratégique de l’équipe gouvernementale et le choix des nouveaux ministres seraient liés à trois critères exceptionnellement imaginés cette fois encore par les chefs religieux. C’est d’abord les injonctions faites au chef de l’Etat par les institutions de Bretton Woods qui exigent désormais la réduction des portefeuilles ministériels à au plus 22 qui aurait eu raison de certains bras droit de Yayi Boni. La deuxième vague des ministres en voie d’être remerciés est celle de ceux qui sont politiquement inapte face aux enjeux électoraux de 2011. Ils ne justifient pas d’une base politique conséquente sur laquelle le président Yayi Boni peut compter malgré les marches de soutien pour lesquelles ils ont su mobiliser des milliers de citoyens dans leurs régions. Ils sont d’ailleurs les plus nombreux dans le cas et sont taxés de ne pas pouvoir grand-chose pour le président Yayi Boni dans les conditions actuelles où l’étau se resserre au fur et à mesure contre les actes du Changement. La troisième vague des ministres qui n’ont plus rien à prouver autour du chef de l’Etat sont ceux qu’on accuse, à tort ou à raison, d’être déjà de mèche avec le président de la Banque ouest africaine de développement (Boad) Abdoulaye Bio Tchané.

Quelques uns des partants qui jouissent encore d’une certaine crédibilité et qui ont été vite informés de la fin de leur aventure avec le président Yayi Boni, semblent déjà s’être préparés en conséquence. Certains d’entre-eux auraient même déjà réussi à négocier leur point de chute. Certains noms circulent un peu partout dans le pays à cet effet. Un de ses anciens pourrait se retrouver à la Cour Suprême quand il aura déposé le tablier. Les autres et la majorité risquent bien d’être mis au courant à la dernière minute. Mais, il en restera bien d’autres qui sauront leur départ du gouvernement dans les médias. Avant cette fin douloureuse pour la plupart de ces ministres, les consultations auront été vraiment longues, pénibles et parfois ennuyeuses au point d’énerver le premier magistrat. Parce que plusieurs personnalités politiques qui auraient pu faire le jeu et aider le président Yayi Boni à sauver les meubles ne trouvent aucun intérêt à l’accompagner pendant ces difficultés. Aucun de ceux qui ont été contactés n’inspire confiance au président Yayi Boni. Pour certains, ce sont les conséquences politiques qu’on craint beaucoup en refusant d’entrer au gouvernement du Changement. Pour d’autres, c’est plutôt l’avenir politique qui n’est pas sécurisé avec Yayi Boni. Encore que personne n’entend jouer au ministre sans un réel portefeuille. Et face aux multiples échecs des consultations, le chef de l’Etat se serait rabattu une fois encore sur les gens de l’église de Dieu pour contourner ses difficultés. C’est, dit-on, à partir de ce moment que la situation a connu un léger dénouement. Parce qu’après avoir trouvé les remplaçants des 75% ministres à remercier, le président Yayi Boni semble n’être pas tombé sur des hommes de qualité dont il a vraiment besoin pour assurer sa propre réélection. Et à défaut d’hommes politiques de confiance et de qualité ce sont plutôt d’anciens ministres qui se préparent à faire de nouvelles expériences aux côtés du président Yayi Boni. On apprend également que quelques conseillers apparemment fidèles au chef de l’Etat feraient aussi partie de cette nouvelle équipe gouvernementale. Parce que les hommes de l’église l’ont voulu, l’ont exigé et ont réussi à rallier le chef de l’Etat à leur cause.

Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)

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