Fmi épingle yayi

Dépenses publiques et politique fiscale : Le Fmi épingle Yayi Boni

Le Matinal du 29 Septembre 2009

Si la mission du Fonds monétaire international en fin de séjour à Cotonou se dit satisfaite en matière de la maîtrise de l‘inflation par le Bénin, elle relève par contre que le gouvernement du Changement a récolté de mauvaises notes en ce qui concerne les dépenses publiques qui ont connu des dépassements. De même, selon nos informations, la situation telle que décrite par le Fmi fait état d’une politique fiscale n’est guerre reluisante.

 

 

Il y a péril en la demeure en matière de dépenses publiques sous le régime du Changement. Les observations du Fonds monétaire international (Fmi) en fin de mission à Cotonou illustrent combien de fois cette Institution de Bretton Woods a relevé de véritables infarctus et des détorsions dans la rubrique de dépenses publiques. Selon les résultats de ces travaux, apprend-on de sources proches de l’Institution, que les dépenses publiques ont connu des dépassements en raison des montants incontrôlés affectés sans aucune réglementation à des primes fantaisistes aux fonctionnaires. Cette politique du régime appliquée sous prétexte d’une prospérité partagée a dangereusement entraîné le pays dans une situation inconfortable. Pendant que le monde entier est frappé de plein fouet par une crise économique, le régime en place s’est illustré comme un mauvais élève creusant le plafond des normes en matière de dépenses publiques. Par des éléments exposés pour établir un tableau comparatif entre les recettes et les dépenses de l’Etat, le Fmi a de bonnes raisons de récriminer le pouvoir en place. Il a favorisé une explosion de mesures sociales sans aucun fondement, distribuant à tour de bras de l’argent et faisant des promesses à but électoraliste, alors qu’au même moment on note une diminution des recettes de l’Etat. Selon les observations du Fmi, ces recettes sont en deçà des attentes. Une situation qui reflète la baisse des recettes douanières qui a obligé le chef de l’Etat à descendre chez les disciples de St Mathieu pour leur demander de redoubler d’ardeur au travail et de faire preuve de patriotisme dans l’exercice de leurs fonctions. Le gouvernement est allé jusqu’à penser à placer des militaires à des postes de contrôle douanier. L’esprit est de faire le gendarme derrière les douaniers, de les surveiller. Le chef de l’Etat a derrière la tête est de faire en sorte que la tendance au niveau de la baisse des recettes douanières change. Mais, les indicateurs ne trompent pas. Le Fmi, a relevé que le recul des recettes douanières est toujours d’actualité. En conséquence, l’Etat doit réduire ses dépenses et revoir sa politique fiscale. Cette dernière rubrique, indique le Fmi est en détérioration à cause de l’option choisie par le chef de l’Etat. La mission en est convaincue après avoir rencontré les acteurs du secteur privé qui dénoncent une situation fiscale qui ne favorise pas l’investissement. Déjà engagé dans des reformes pour redresser la barre, le gouvernement devra les accélérer pour faire face à la baisse des recettes. La poursuite de ces réformes laisse croire qu’on parviendra à la diminution des dépenses publiques, donc vers la suppression de certaines primes octroyées aux fonctionnaires. Sans aucun doute que bientôt les fonctionnaires seront appelés à sacrifier leurs primes ou alors choisir la rue pour se faire entendre puisque, les choses ne seront plus comme avant. Les recommandations du Fmi tournent autour de la suppression de certaines dépenses. Lesquelles ? Même si la réduction du train de vie de l’Etat est la première réponse qui vient à l’esprit, le gouvernement pense déjà à se désengager du paiement de plusieurs primes et avantages. Mais, il y a une forte probabilité que la tendance ne change pas. Car, le chef de l’Etat doit pouvoir soutenir une politique qui risque de lui coûter cher au sein de l’opinion publique, tel il a habitué ses électeurs à la distribution des billets de banque, qui semble devenir pour lui un argument politique et électoral. La situation actuelle est préoccupante et ce qui se profile est encore pire. Puisque les observations du Fmi ne datent pas d’aujourd’hui et rien n’a jamais changé sans oublier que l’opposition n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme sur les mêmes dérapages du gouvernement.

Une inflation maitrisée

S’il faut admettre que le monde entier est frappé de plein fouet par une crise économique aux effets dévastateurs, le Fmi a analysé le comportement du Bénin pour finir par montrer que cette situation mondiale a un effet défavorable sur les perspectives du pays. Ceci en d’autant justifié qu’en prenant le volet le coton on retient une baisse significative de la production donc de son exportation. Or cela a provoqué la diminution des relations commerciales avec les pays voisins. Par contre, grâce à une bonne récolte des céréales, selon la mission du Fmi, le Bénin a su maîtriser l’inflation. Cela a été possible surtout à cause de la baisse des prix internationaux des denrées alimentaires et du carburant.

FN

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