festival de zangbeto

DEUXIEME EDITION DU FESTIVAL ZANGBETO DE L’OUEME  : Les gardiens de la nuit sous leurs beaux jours

Fraternité-info du 29 juillet 2009

Les gardiens de la nuit en plein jour à Porto-Novo, le spectacle était à mettre sur le compte de Bruno Koukpodé qui a initié samedi dernier le tome deux des festivités du Zangbéto de l’Ouémé. C’est en présence d’hôtes de marque et d’une délégation du ministère de la culture conduite par le Directeur de la promotion artistique et culturelle (Dpac) Oscar Kidjo, que le promoteur de l’évènement a donné le top des festivités sur l’esplanade de la place Kpakliyao au quartier Honmè. Ce festival destiné à réhabiliter une divinité protectrice du panthéon traditionnel porto-novien, constitue, au-delà des réjouissances populaires caractérisées par des démonstrations de tous genres, une initiative pour sauvegarder le patrimoine culturel béninois. Mais ce caractère sacré s’érode et se galvaude dans la perception de la jeune génération tournée vers les valeurs occidentales. Et c’est à juste titre que Bruno Koukpodé trouve que « Nos enfants n’ont pas la culture de nos pratiques. Ils sont emportés dans un tourbillon de modernité qui risque de devenir fatal à la transmission de nos traditions ancestrales ». Face à cela, il s’estime investi d’une mission : « ne pas les laisser s’enfoncer davantage dans ce gouffre qui tend à nous priver de notre culture ». C’est ce qui l’a poussé à organiser cet évènement dont la Cour royale de Porto-Novo n’a pas voulu rester en marge. Son porte-parole Charlemagne Désiré Hounkpatin reconnait l’importance de l’enjeu et le caractère fédérateur de cette réhabilitation du Zangbéto si tous les fils du Bénin en prenaient conscience. Ainsi, pendant le week-end, les gardiens de la nuit ont fait leur « show » par des rituels, chants, danses, démonstrations mystiques qui ont drainé un monde important venu de Porto-Novo et des villages environnants. Des démonstrations qui ne laissent pas perdre de vue la fonction principale des Zangbeto qui est d’assurer la sécurité des populations la nuit. Et c’est à dessein que Oscar Kidjo a suggéré une collaboration entre les forces de l’ordre et les gardiens de la nuit pour contribuer plus effectivement à la quiétude des populations. Pour le représentant du ministre Galiou Soglo, « malgré son état de dépérissement, le culte Zangbéto continue de susciter de nombreuses curiosités, même au-delà de nos frontières. Il urge donc que cette opportunité soit perçue comme un enjeu touristique majeur qui doit contribuer à vendre la destination Porto Novo et le Bénin en général ». Une potentielle source de devises supplémentaires pour le Bénin, en somme.

James AKPOVO