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ECUREUILS DU BÉNIN
Oumar Tchomogo, quel rôle, quel statut et quelle utilité ?

 

En tant que sélectionneur adjoint, c’était trop tôt selon certains, pas crédible pour d’autres, et trop grand pour les troisièmes. Oumar Tchomogo proposé par Michel Dussuyer n’a donc pas eu l’assentiment du ministère des sports. Et pourtant, capitaine Tchomogo a bien de choses à donner encore à ce système, à cette équipe des Ecureuils sur la route d’Angola 2010.
Il a connu le temps où on payait 10.000Fcfa de prime pour les matches gagnés. Il connaît la période actuelle où les matches gagnés à domicile sont rémunérés à 500.000Fcfa. Oumar Tchomogo, et dans une certaine mesure, Damien Chrysostome sont les témoins vivants des progrès du football béninois. Depuis une dizaines d’années, Tchomogo évolue en Europe et en sélection nationale. Il connaît les exigences matérielles, techniques et psychologiques du football de haut niveau. Au Bénin, il a été de tous les combats. Il connaît l’endroit et l’envers du décor. L’anonymat du banc de touche et la gloire du buteur. Mieux que quiconque aussi, Oumar Tchomogo sait comment des tensions peuvent naître et comment elles peuvent être calmées. Ceci fait de lui, l’un des éléments les plus importants en dehors du terrain, depuis 10 ans, en équipe nationale. Il a vu toute la génération actuelle se construire. Il est respectueux du talent des Sessègnon, Omotoyossi, Ogunbiyi et Chrysostome. Les derniers le lui rendent bien. Il incarne une hiérarchie qui inspire respect et confiance. Il sait comment écouter les responsables sans livrer les coéquipiers. Les décisions importantes, confient plusieurs Ecureuils, il ne les prend jamais seul. Oumar Tchomogo, sur un plan plus politique est un spécimen rare. Il est calme et froid à la limite. C’est un peu le baromètre du groupe. Entre la nouvelle vague et ses envies de folies, et la génération intermédiaire (Chrysostome, Adjamossi), Tchomogo incarne la voie de la sagesse.


Un statut spécial
Sa présence dans un groupe apaise ses coéquipiers qui peuvent avoir un plus grand nombre de défenseurs de leurs intérêts. Il faut avoir vu Chrysostome, capitaine adjoint lors de la campagne précédente, porter à Tchomogo les doléances du groupe, pour comprendre comment fonctionne le groupe. La vie, la dynamique du groupe avec Tchomogo n’est pas la même que sans lui. Et c’est bien ce qu’il faut comprendre. Tchomogo sur le terrain ne vaut peut-être que 15 minutes, aujourd’hui, c’est bien normal. Mais être présent à chaque stage, à chaque match des Ecureuils, s’entraîner et motiver les autres, porter leurs voix plus loin, dans les sphères où les problèmes peuvent être résolus, c’est un rôle de major. Et c’est ce qu’il faut lui assigner aujourd’hui. Il a un tempérament qui, allié à celui du capitaine Chrysostome peut aider à gérer et régler bien de problèmes à des moments cruciaux. Ce même statut impliquerait un avis consultatif auprès de Michel Dussuyer qui en a bien besoin à des moments donnés. Le Bénin a perdu Moudachirou Amadou, dont on n’a pas su gérer la fin de carrière. Moussa Latoundji a écourté sa présence sur les terrains en raison d’une blessure. Pour une fois qu’on a la chance d’avoir un capitaine encore capable de prendre du plaisir avec le groupe, il faut continuer à compter sur lui. Si Michel Dussuyer a manqué de tact et de sens politique en jetant dans la presse son ambition de faire de Tchomogo son adjoint, il est du rôle des décideurs de savoir à quel point Oumar Tchomogo est encore utile au groupe. L’inviter comme joueur, tout en lui assignant un rôle plus grand, ce serait déjà lui reconnaître sa place, à celui qui reste le meilleur buteur en activité des Ecureuils du Bénin. Ce serait aussi une façon de le préparer à un rôle majeur bien plus tard, comme dans les grands pays. Et puis, tout compte fait, un capitaine ne finit jamais…
A lire demain : Nafi ou Nana, un défenseur béninois qui brille à l’Union de Douala.


Date de publication : 26-02-2009
Auteur(s) / source : Aubay-Rolland ZOHOUN

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