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Le Matinal du 21 août 2009

Diplomatie : Le Bénin repositionne ses ambassadeurs

 

Une dizaine de postes diplomatiques dans les missions à l’étranger vient d’être pourvue par le chef de l’Etat Yayi Boni. Ce qui signifie que dans les semaines à venir, de nouveaux ambassadeurs seront accrédités auprès des Etats concernés, si ces derniers approuvent les propositions qui leur sont faites par le Bénin. Au nombre des mouvements annoncés, l’ambassade du Bénin à Libreville devra changer de titulaire et le Président de la République a un fort penchant pour l’ancien ministre Codjo Achodé pour être son représentant au Gabon.
Pas moins de dix postes d’ambassadeurs sont en voie d’être renouvelés par le gouvernement du Changement. Si la plupart des nouveaux hommes choisis par le chef de l’Etat Yayi Boni sont des diplomates de carrière, on y retrouve toutefois des politiciens. Selon nos informations, Codjo Achodé serait le nouvel ambassadeur du Bénin près le Gabon. L’ancien ministre et député est en pôle position pour succéder à l’actuel N°1 de l’ambassade. Ce dernier aurait fini son mandat et les autorités béninoises lui ont déjà trouvé un successeur. Tout porte à croire que celui qui vient d’être choisi à l’air de plaire non seulement au pouvoir gabonais, mais aussi au chef de l’Etat Yayi Boni. Sa nomination a certainement été adressée au pays d’accueil. On n’attend que l’accréditation et l’acte officiel. Codjo Achodé est un universitaire et professeur de langues. Ancien ministre des Affaires sociales et du travail du gouvernement Soglo et ancien député, sa nomination qui sera confirmée, tient lieu d’une marque de confiance du chef de l’Etat à l’endroit d’un allié qui a été patient, attendant son tour. Etant donné que Libreville représente un poste stratégique pour le locataire de la Marina, la nomination d’un acteur de la vie politique doit être vue comme une volonté du Président de la République de soigner son image au sein de la forte communauté béninoise au Gabon. Il aura donc la lourde mission de veiller sur les intérêts du pays, mais surtout de mieux faire connaître aux Béninois résidant au Gabon, les œuvres de redressement dans lesquelles Yayi Boni s’est lancé depuis son arrivée en 2006. Il faut dire que la communauté béninoise vivant dans cet Etat peu peuplé de l’Afrique centrale, est estimée à plus de 200.000 personnes largement présentes dans le commerce et la pêche. En dehors de la représentation nationale à Libreville, le chef de l’Etat a également distribué des postes au niveau de plusieurs missions. Selon nos informations, un autre gros bonnet est pressenti pour tenir les rênes de la chancellerie du Bénin à Prétoria, capitale de l’Afrique de Sud. C’est Claude Fassinou qui a la faveur des pronostics auprès du chef de l’Etat. Le titulaire au poste à Rabat va permuter avec celui d’Accra, telle est la décision vers laquelle le gouvernement se dirige. Par contre, les ambassadeurs du Bénin à Abidjan, Lagos et Addis Abéba sont sur le point d’être rappelés pour être remplacés. Plusieurs capitales à travers le monde où le Bénin n’a pas de représentation doivent désormais s’attendre à l’implantation sous peu d’une chancellerie. Le gouvernement du Changement envisage à ce titre envoyer un chargé d’affaires à Rôme. Qatar et New Delhi ne devront pas être du reste. Par ailleurs, le nom de Marcel de Souza, beau-frère du président de la République circule avec insistance pour l’un ou l’autre des postes. En ce qui concerne celui de New-York, très convoité, le chef de la diplomatie béninoise Jean-Marie Ehouzou a conseillé au chef de l’Etat de nommer un cadre du sérail. C’est un homme du Palais, Jean-Pierre Ezin qui était pressenti, mais on apprend que le N°2 de cette ambassade serait plutôt proche du fauteuil. D’autres noms sont cités et tous sont des diplomates de carrière. Selon nos informations, aucune contestation n’a été encore enregistrée quant à la position des autorités au sujet des propositions faites par le Bénin pour le représenter à l’étranger.

Fidèle Nanga