dépenses publiques

Réduction des dépenses publiques : 13 ministères sur la liste noire du Palais

Le matinal du 1 Octobre 2009


Des fonctionnaires béninois verront bientôt leurs revenus s’amenuiser. Ils n’auront peut-être plus droit aux mêmes avantages qu’avant. C’est ce à quoi l’Etat réfléchit et marche dans ce sens. Plusieurs ministères se trouvent déjà dans son viseur parce que l’éventail des primes et autres avantages sont jugés exorbitants et très coûteux pour l’Etat béninois. On ne pense pas seulement aux agents du ministère chargé de la micro-finance, de l’emploi des jeunes et des femmes, même si, c’est l’un des tout premiers exemples qui vient à l’esprit. Il est vrai que, tout calcul fait avec les primes et autres avantages qui y sont perçus, l’on se retrouve dans une fourchette qui atteint la dizaine, voire plus. Son cas fait des émules. Il faut compléter cette liste d’une douzaine de ministères qui sont aussi considérés comme les parents riches du gouvernement. On peut citer pêle-mêle, les ministères de ; l’Economie et des finances, la Défense nationale, la Santé publique, l’Agriculture, la Fonction publique, Affaires étrangères, la Justice, l’Intérieur, la Communication, Travaux publics, Enseignements.... En attendant que d’autres s’y ajoutent, le chef de l’Etat Yayi Boni a confié à une commission la mission de vérification des primes et autres avantages octroyés aux fonctionnaires de ces départements. L’opération qui fait déjà du chemin devrait dans les tout prochains jours conduire à rendre disponibles au Président de la République, certaines informations afin de revoir la politique des primes sous le régime du Changement. La situation telle qu’elle est décrite aujourd’hui en attendant que la commission ne dépose ses résultats, évoque une profonde disparité entre les différents ministères de la République. Le moins qu’on puisse dire, est que le travail commandité par Yayi Boni vise à corriger une énorme fracture dans le pays, au besoin remettre en question certains arrêtés ministériels qui fixent ces primes. Un peu comme s’il se remet en cause lui-même, le chef de l’ Etat a compris que par les temps qui courent ; trop de primes et d’avantages aux fonctionnaires tuent l’Etat ; trop de promesses et d’engagements risquent de conduire le pays au gouffre. La dernière mission en date du Fonds monétaire international (Fmi) au Bénin a produit un rapport qui révèle que l’une des raisons qui explique le dépassement des dépenses publiques est bien entendu, les lignes de crédit dégagées par le gouvernement pour gonfler les revenus des fonctionnaires en dehors de leur salaire. Et pour éviter une situation ingérable à l’avenir, le Fmi a indiqué au président de la République la voie à suivre. La nécessité de revoir à la baisse les dépenses de l’Etat s’impose désormais au régime. C’est même la condition sine qua non, expose le Fmi, pour permettre au pays d’asseoir sa politique des réformes macro-économiques sur des perspectives claires. Actuellement, 13 ministères sont black-listés. Ils ont été choisis pour être audités rien que sur le plan de l’éventail des avantages hors salaires. Selon les mêmes informations, on s’avance vers une véritable révolution qui va provoquer des grincements de dents. Le gouvernement en fait déjà les frais. Car, il vient d’abroger certains arrêtés de fixation de primes pour les personnels administratifs de certains ministères. Les fonctionnaires concernés dénoncent cette attitude et ne comptent pas avaler des couleuvres. Ils sont déterminés à défendre leurs primes d’autant plus qu’ils se considèrent comme les parents pauvres parmi les fonctionnaires. Or, l’audit commandité par le chef de l’Etat devrait lui permettre de faire une étude comparée des avantages perçus afin d’en tirer les conclusions. Les résultats de cette enquête ne sont pas encore disponibles. Mais cela n’a pas empêché le gouvernement de commencer par supprimer des primes. A l’allure où vont les choses, la situation risque de se compliquer dans les jours à venir.

FN

Ils sont sur la liste noire du chef de l’Etat dans le cadre des mesures restrictives envisagées pour réduire les dépenses publiques. Actuellement une commission enquête sur les différentes primes et autres avantages instaurés dans 13 départements ministériels. Les résultats qui sont attendus à la fin de cette vérification aboutiront sans doute à la suppression de certains avantages aux fonctionnaires. Voilà qui va agacer le monde des travailleurs et rendre impopulaire le Président de la République.