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Nouvelle crise au sein de la renaissance du benin : Les raisons de la démission de Nicéphore Soglo

La nouvelle est tombée dans la journée d’hier, avec surprise et grand bruit, comme le tonnerre, en plein midi : Nicéphore Soglo, Président d’honneur de la Renaissance du Bénin (RB) a démissionné de son parti. Raison évoquée : il réagit face au refus de la Présidente du Parti, Mme Rosine Soglo de signer la décision prise par le Bureau Politique mercredi dernier d’exclure définitivement les militants Galiou Soglo et Alao Ibouraïma.

Nicéphore Soglo justifie son acte par un souci de sauver le parti face aux dérives de toutes sortes, dérives qui prêtent flanc à une volonté nettement affichée du pouvoir en place d’affaiblir voire de détruire la Rb. En somme, cette surprenante démission est un signal fort que le Président d’honneur lance à la Présidente. Et si la Présidente persistait dans sa ligne, c’est peut-être Léhady Soglo lui-même et bien d’autres cadres qui risquent de déposer le tablier, en signe de protestation contre l’attitude de la Présidente Mme Rosine Soglo, apprend-on de sources sûres proches du parti.

Nous avions annoncé en effet dans notre parution du vendredi dernier que Mme Rosine Soglo avait opposé son veto, face à la décision du Bureau Politique dans sa presque totalité (sauf Epiphane Quenum) d’exclure définitivement du parti les sieurs Galiou Soglo et Alao Ibouraïma. Motifs de leur exclusion : actes et propos graves tendant à mettre à mal la cohésion et l’unité du parti. Ce sont d’ailleurs là les conclusions du rapport de la Commission disciplinaire mise sur pied à cet effet par le parti et présidée par Marius Francisco.

On se rappelle que c’est la Présidente Rosine Soglo qui avait elle-même signé la lettre de mise en place et d’envoi en mission de la Commission. Deux réunions du Bureau Politique s’étaient déjà tenues sous sa présidence pour étudier la question. Et il avait été dit que le parti s’y prononcerait par la suite. Dans la foulée, la Commission a invité les mis en cause à se présenter pour être auditionnés, en vain. Même les exploits d’huissier pour les y contraindre sont restés sans suite. Et voici que mercredi dernier, le Bureau Politique réuni pour trancher et vider la question a décidé de leur exclusion définitive. Comme on pouvait s’y attendre, Epiphane Quenum a refusé de suivre le mouvement. Il s’est opposé à la décision d’exclusion. La surprise, c’est le fait que " Maman " aussi a refusé. Or habituellement, lorsque le Bureau Politique prend une décision à sa majorité, elle s’y conforme et fait appliquer, même si elle avait eu un avis contraire et a été mise en minorité lors des débats sur la question évoquée.

Mais pour cette fois-ci, pour le cas concernant l’exclusion de Galiou Soglo et Alao Ibouraïma, elle n’a plus fait comme d’habitude. Elle a refusé de valider les propositions de la Commission disciplinaire et (restant dans sa logique) de signer la décision d’exclusion.

Les autres ténors du parti, dont en première place, Nicéphore et Léhady Soglo, ont estimé que " Maman " faisait là du " deux poids, deux mesures ". Car, dans des cas du genre qui ont eu cours par le passé, il n’en a pas fallu d’autant grave pour exclure des responsables du parti. Ils estiment ici que la Présidente voit davantage dans cette affaire comme mis en cause son " fils " plutôt qu’un militant coupable d’actes graves contre les intérêts du parti. " C’est pour Nicéphore Soglo une manière de démontrer à la face du monde que la Rb n’est pas un parti clanique, un parti familial comme beaucoup le disent. Le leader charismatique vient de montrer qu’au sein de la Rb, les relations filiales ou familiales ne sont pas à confondre avec les relations politiques entre militants, fussent-ils proches parents ", a déclaré un haut responsable du parti.

Avouons que là, le parti s’en tirera peut-être en ce qui concerne le respect de la discipline et de l’autorité en son sein. Mais il est évident que la famille Soglo s’en sortira davantage divisée. Division peut-être à un moindre degré entre les parents c’est-à-dire le couple ; et division plus accentuée entre les deux frères Galiou et Léhady. Mais là est toute une autre histoire sur laquelle nous reviendrons. Aujourd’hui, il demeure une question : que fera la Présidente Mme Rosine Soglo ? Maintenir son refus d’exclure les mis en cause afin de faire plaisir à son fils mais prendre le risque de la détérioration des relations politiques avec son Président d’honneur qui est par ailleurs son mari, donc le risque d’une légère atteinte aux relations personnelles du couple ? Ou bien finir par signer la décision d’exclusion pour faire plaisir à Nicéphore et Léhady Soglo et aux autres responsables du parti, mais avec le risque de perdre son fils Galiou ? Avouons que c’est là une question assez difficile et beaucoup de mères ne voudraient pas être à la place de Rosine Soglo en ce moment…

Mais que voulons-nous ? La politique reste la politique. Il faut la faire beaucoup plus avec la raison qu’avec le cœur.

« On nous a souvent fait le grief d’être un parti familial, matrimonial. Il vient de démontrer que c’est totalement faux » dixit Lehady Soglo

C’est un homme que nous respectons tous. Il a pris une décision, à mon avis pour sauver notre parti. On nous a souvent fait le grief d’être un parti familial, matrimonial. Il vient de démontrer que c’est totalement faux. Il souhaite comme beaucoup d’entre nous que le parti traite tous ses membres de la façon la plus équitable et la plus impartiale que possible. Dans le dossier qui nous a opposés au ministre Galiou Soglo et Alao Bouraïma, il y a une commission qui s’est réunie et qui a statué à l’exclusion. La présidente du parti a semblé ne pas vouloir aller dans le même sens que la quasi-totalité du bureau politique national. Le président Soglo en responsable, en homme d’Etat, a pris une décision qui à mon avis, est salutaire parce que pleine de courage et d’abnégation. Il aime chacun de ses enfants. Mais il s’agit d’abord et avant tout de quelque chose qui nous dépasse. Il s’agit de la Renaissance du Bénin, des hommes et des femmes qui nous suivent depuis des années à cause de nos valeurs et de nos principes. Je crois que c’est un coup de semonce qui est particulièrement important qui vient d’être fait. Le président Soglo, je crois tout à son honneur, souhaite rassembler la Renaissance du Bénin sur nos principes, nos valeurs et nos idéaux qui sont ceux de l’impartialité, de l’équité et on doit traiter tous les membres de notre formation politique sur le même pied d’égalité, quelle que soit leur origine, quel que soit leur nom et c’est ce qu’il a tenté de faire comprendre à la présidente ; j’espère qu’elle va comprendre le sens de son action. En tout cas, c’était absolument indispensable. Ce sont des implications qui fragilisaient notre formation politique, qui avaient fini par créer la suspicion et le doute chez nous et on ne peut que s’en féliciter. Je crois qu’on sera encore plus fort, encore plus soudé et prêt à aller au combat.

Moukaram Badarou, Sg/Prd

C’est une décision interne à la Renaissance du Bénin et je respecte toutes les décisions internes des partis politiques membres des G. ça me laisse un peu quelques chagrins parce que ça veut dire qu’il y a quelques difficultés internes au niveau de la Renaissance du Bénin jusqu’à ce que ça soit porté sur la place publique. Mais, je reste quand même sur ma soif, je reste quand même serein, tout au moins en attendant quelques clarifications. Le parti du Renouveau démocratique s’associe à la décision officielle qui sera prise au haut niveau de la Renaissance du Bénin, mais cela reste un problème interne à la Rb.

« La démission du Président d’honneur sera quelque chose de très grave pour l’avenir du parti » dixit Georges Bada

« J’appelle les militants et militantes de la Renaissance du Bénin à la sérénité et au calme. Le Président Nicéphore Dieudonné Soglo, Président d’honneur de la Renaissance du Bénin (RB) continue d’être leur Président d’honneur jusqu’à ce que le bureau politique étudie sa lettre de démission, si lettre il y a, puisque jusqu’à présent, aucune lettre de démission ne m’a été déposée ni adressée. J’ai eu vent d’une telle lettre, je dois dire la vérité aux militants et militantes de la RB. Donc, je viens les appeler au calme et à la sérénité et leur dire que notre Président d’honneur connaît les procédures en la matière. C’est vrai, les bruits courent mais si lettre de démission il y a, le bureau politique doit l’entériner ainsi que le congrès du parti. Rien de cela n’est fait. A partir de ce moment, je peux vous dire qu’il n’y a pas encore de démission de notre leader charismatique, ni démission de notre Président d’honneur. Je dois la vérité aux militants et militantes de la RB. La Renaissance du Bénin traverse une crise profonde, mais cela ne veut pas dire qu’il y a disparition du parti. Nous sommes épris de paix et de développement, je ne vois pas pourquoi nous allons détruire la maison. C’est vrai que la démission du Président d’honneur sera quelque chose de très grave pour l’avenir du parti, mais compter sur moi pour que cela ne soit pas une réalité. Je vous parle en tant que secrétaire exécutif de la Renaissance du Bénin parce que le bureau exécutif de la RB n’acceptera pas une telle démission ».

Lire l’intégralité du rapport qui exclut Galiou Soglo de la Rb

Rapport du Comité créé par Décision N°002/PR 2009 du 03 Mars 2009 chargé d’écouter les sieurs Galiou SOGLO et Ibouraima ALAO sur les faits à eux reprochés

Créé par Décision 002/PR 2009 du 03 Mars 2009 de la présidente du Parti la Renaissance du Bénin, le comité composé de :

Président : Monsieur FRANCISCO Marius ;

Vice- Président : Monsieur QUENUM Epiphane ;

Rapporteur : Madame APITHY Noëlie ;

Membres : Madame LIGAN Marie Ange ;

Monsieur KOGBLEVI Aziadomè ;

Monsieur PARAÏSO Olivier ;

Madame NAH GUEZO MEVO Justine,

a pour mission " d’écouter et de faire tenir un rapport écrit sur les faits reprochés aux sieurs Galiou SOGLO et IbouraÏma ALAO ".

Le comité s’est réuni le 19 Mars 2009 pour des échanges d’information sur le sujet puis il a arrêté le calendrier de travail suivant :

- Le 20 Mars 2009 : Elaboration du questionnaire et de la lettre d’invitation à l’adresse de Mr Galiou SOGLO le 26 Mars à 20 h et à l’adresse de Mr IbouraÏma ALAO pour la même date à 20 h 30 mn.

Ces deux lettres d’invitation ont été acheminées par voie d’huissier aux intéressés qui les ont reçues comme le confirme les copies des exploits d’huissier, le 24 Mars 2009 à 12 h 10 mn en main propre pour ce qui concerne ibouraÏma ALAO et le même jour à la Secrétaire Particulière de Monsieur Galiou SOGLO.

Le 26 Mars 2009, le comité a attendu les intéressés au siège de la Renaissance du Bénin de 19h45mn à 20h 45mn. Après avoir ouvert la séance, le comité a constaté l’absence des intéressés. Le président a levé la séance et des diligences ont été faites pour les inviter à nouveau pour le 30 Mars 2009 au siège de la RB dans les mêmes plages horaires. Ces invitations ont été acheminées par voies d’huissier aux intéressés qui les ont reçues le 27 Mars 2009 par la Secrétaire Particulière en ce qui concerne Galiou SOGLO. Quant à Mr IbouraÏma ALAO, le même jour à 13h 15 mn, l’huissier lui a présenté la 2ème invitation par son exploit qu’il s’est abstenu de prendre, ce qui a contraint l’huissier à le lui fouler aux pieds.

Le 30 Mars 2009, le comité s’est à nouveau présenté au siège du parti à 19h 50mn et a attendu en vain ses deux invités et a eu recours à l’huissier pour constater leur absence.

Le Président, après avoir ouvert la séance, a fait constater aux membres du comité que nos deux collègues membres du bureau politique ont encore une fois fait défection.

Dès lors, le comité a convoqué une nouvelle réunion de ses membres pour le 1er Avril 2009 afin de tirer les conclusions qui s’imposent. Il convient de noter :

1°) que nos collègues Epiphane QUENUM et Marie-Ange LIGAN n’ont assisté à aucune des séances de travail auxquelles ils avaient été invités.

2°) a)- Monsieur IbouraÏma ALAO a, par lettre en date du 25 Mars 2009 reçue le 26 Mars 2009 avant la tenue de la séance à laquelle il était invité, adressé une lettre à Monsieur FRANCISCO Marius, président du comité, ayant pour objet " Une demande d’ajournement de l’audition sur les faits à lui reprochés ", au motif que son état de santé le rendait indisponible.

b) Monsieur Galiou SOGLO a adressé à Monsieur FRANCISCO Marius sans indiquer sa qualité, une lettre dans laquelle il déplorait que la lettre d’invitation à lui adressée, ne lui a été délaissée qu’à moins de 72 heures de la date prévue pour l’audition. Et il a indiqué que ses fonctions de ministre ne lui permettaient pas de se libérer dans un délai aussi bref. En outre, il précise par ailleurs que les faits qui lui sont reprochés doivent lui être notifiés en vue de lui permettre d’organiser sa réponse.

Il convient de préciser qu’au cours de l’émission " Ma part de vérité " sur Golfe Tv du 29 mars 2009, Monsieur Galiou SOGLO a dit :

- Qu’il ne se présenterait devant aucun comité.

- Qu’il ne reconnaît pas ce comité ;

- Que s’il avait à s’expliquer devant quelqu’un, que ce ne serait que devant son père, sa mère et son frère.

Par ailleurs, il a également affirmé au cours de l’émission que l’attaque du siège du parti dans la nuit du 18 au 19 mars 2009, n’est qu’un montage grossier de l’entourage immédiat de son père.

Quels sont les faits reprochés aux intéressés ?

- absence totale aux réunions du bureau politique ;

- atteintes graves à l’unité, à l’honneur et aux intérêts du parti ;

- Violation des directives et des statuts ;

- Attaques contre les décisions du bureau politique ;

- Etc.

Comme l’attestent :

- La déclaration de M. Galiou SOGLO au journal le Challenge N° 245 du lundi 16 au mardi 17 Octobre 2005, juste après le congrès des 5 et 6 Août 2005 à Ouidah ;

- Ses propos dans l’émission ’’Ma part de vérité’’ de Golfe TV du dimanche 16 Octobre 2005 rapporté par le journal le Républicain N° 1203 du lundi 17 Octobre 2005 ;

- Sa candidature aux élections présidentielles de 2006 ;

- Les propos de M. Galiou SOGLO et de Ibouraïma ALAO lors du meeting qu’ils ont tenu au Hall des arts le 15 Mars 2008 juste après la déclaration commune de la RB, du PRD, du MADEP et du PSD le 12 mars 2008 au Palais des sports :

" La déclaration d’une dizaine de pages ne renferme que d’allégations mensongères, indignes d’une opposition qui se veut constructive "

(cf regard sur le Benin@gmail.com)

- Les propos tenus par Mr Galiou SOGLO lors de l’émission ’’ Ma part de vérité’’ du dimanche 29 Mars 2009, dont la teneur a été citée supra ;

- La participation de Mr Galiou SOGLO au gouvernement, sans l’accord du parti ;

- L’intervention de Mr Ibouraima ALAO au meeting du 15 Mars 2009, se disant représentant des cadres du parti, alors qu’il n’en a pas reçu mandat du parti.

Au regard de tout ce qui précède et en vertu des dispositions des articles 63, 64 et 71 des statuts et des articles 4 alinéa 3, 8, 25 et 48 du règlement intérieur, la sanction prévue par les textes du parti est l’exclusion définitive.

Ont signé :

Marius FRANCISCO Noëlie APITHY

Aziadomè KOGBLEVI Olivier PARAÏSO

Nah MEVO GUEZO Justine

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