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Déclaration à la tribune de l’Assemblée au sujet de la fronde sociale : Le Prd constate la démission de Yayi

21 mars 2010 par La Presse du Jour

 La dernière rencontre entre le Chef de l’Etat et le Front des syndicats des trois ordres d’enseignement continue de faire des vagues à l’Assemblée Nationale. Après avoir constaté la démission du président Yayi, le député Ahouanvoébla a, au nom de son groupe parlementaire, menacé de traduire le Président de la République  devant la Haute Cour de Justice.

«Constatez avec nous que Boni Yayi a jeté l’éponge. Il est dépassé par les évènements. Il n’en peut plus et il ne lui reste qu’une possibilité : démissionner dignement, faute de quoi nous serons dans l’obligation républicaine d’engager sa responsabilité devant la Haute Cour de Justice pour parjure et haute trahison et il subira immanquablement les rigueurs de la loi. Comme on le dit habituellement :  »qui ne dit rien consent ». Nous nous permettons alors, à la suite de nombre de nos concitoyens, de valider ces propos on ne peut plus éloquents du premier magistrat du Bénin : je ne vous donne rien, vous pouvez blanchir l’année, je ne suis candidat à rien ; vous pouvez fermer les écoles, le prochain Président va tout vous donner ». Il s’agit, Monsieur le Président, chers collègues  de ce qu’il convient d’appeler ici une démission de l’autorité, et il s’impose à nous d’en tirer les conséquences
subséquentes. Car lorsqu’un Chef de guerre arrive à avouer qu’il est à coup de munitions, qu’il n’est plus en mesure de poursuivre le combat, le bon sens l’oblige à déposer les armes et à se rendre afin d’abréger la souffrance de son armée et de la soulager d’une bataille perdue d’avance » Voila la substance de la déclaration du président du groupe parlementaire Prd sur la situation qui prévaut actuellement entre le gouvernement et les acteurs sociaux des 14 ministères en grève et plus particulièrement avec les enseignants. Il prédit que les préoccupations des vaillants travailleurs du pays  resteront sans suite sérieuse, faute d’interlocuteur sérieux.  Profitant de l’occasion qui lui a été offerte, l’honorable Augustin Ahouanvoébla a prié les enseignants de se sacrifier une fois encore afin de sauvegarder l’intérêt supérieur de la nation. Il leur a demandé de le faire au profit de la postérité. Il leur a surtout demandé de résister aux communiqués du gouvernement qui appellent à pourvoir leurs postes.

Déclaration à la tribune du Président du Groupe Parlementaire PRD-PRS
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Nous voulons bien croire que son excellence le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, le Docteur YAYI Boni  n’est en rien l’auteur des propos relayés par le porte parole de l’inter syndicat des trois ordres de l’enseignement M. Raouf AFAGNON. Cependant nous n’avons pas connaissance, jusqu’à ce jour, qu’une déclaration officielle de la Présidence de la République ait remise en cause cette grave déclaration ou encore que les structures zélées de communication et les différents groupes de patriotes soient montés au créneau  pour contester M. AFFAGNON. Comme on le dit habituellement : « qui ne dit rien consent ». Nous nous permettons alors, à la suite de bons nombres de nos concitoyens, de valider ces propos, on ne peut plus éloquents du premier magistrat du Bénin : je ne vous donne rien, vous pouvez blanchir l’année, je ne suis candidat à rien ; vous pouvez fermer les écoles, le prochain
Président va tout vous donner ».
Il s’agit, monsieur le Président, chers collègues  de ce qu’il convient d’appeler ici une démission de l’autorité, et il s’impose à nous d’en tirer les conséquences subséquentes. Car lorsqu’un Chef de guerre arrive à avouer qu’il est à coup de munitions, qu’il n’est plus en mesure de poursuivre le combat, le bon sens l’oblige à déposer les armes et à se rendre afin d’abréger la souffrance de son armée et de la soulager d’une bataille perdue d’avance.
Monsieur le Président, chers collègues, constatez avec nous que YAYI Boni a jeté l’éponge, il est dépassé par les évènements, il n’en peut plus et il ne lui reste qu’une possibilité : démissionner dignement faute de quoi nous serons dans l’obligation républicaine d’engager sa responsabilité devant la Haute Cour de Justice pour parjure et haute trahison et il subira immanquablement les rigueurs de la loi.
C’est le lieu d’inviter, les vaillants travailleurs de notre cher pays à comprendre que leurs revendications, aussi légitimes qu’elles soient, resteront sans suite sérieuse, faute d’interlocuteur sérieux. Nous les prions humblement de bien vouloir se sacrifier une fois encore afin de sauvegarder l’intérêt supérieur de la nation. Qu’ils le fassent au profit de la postérité. La providence leur en vaudra.
Monsieur le Président, chers collègues, une fois encore nous sommes inquiets car les élections se gagnent dans les urnes et non au travers de l’instrumentalisation de l’outil électoral. J’ai suivi avec consternation hier mercredi 17 mars 2010, le discours du Chef de l’Etat à propos de la LEPI notamment   le lancement de la deuxième phase des opérations relatives au Recensement Electoral National Approfondi (RENA). Ce qui surprend et attriste profondément, c’est la démarche du Chef de l’Etat qui, en dépit des nombreux écueils révélés par la première étape de l’opération et des recommandations faites par les acteurs sociopolitiques en faveur d’une évaluation du processus,  s’engage unilatéralement à réaliser sa LEPI. Les intentions de fraude existent et s’expliquent aisément à travers certains comportements. Pour s’en convaincre,  en dépit des nombreuses récriminations de nos représentants à la CPS, comment
expliquer que le recrutement des agents cartographes se fasse suite à un appel à candidature par la Cps alors que les dispositions de la loi en la matière en disposent autrement.  »… L’exécution de la cartographie censitaire  doit être confiée à des  professionnels nationaux ayant des expériences avérées dans le domaine. Les organismes techniques  compétents  dressent  et communiquent les listes de leurs cadres à  l’organe en charge  du recensement électoral national approfondi qui  procède à  leur sélection et recrutement  sous l’autorité de la Commission politique de supervision » (article 24 de la loi 2009-10). Par ailleurs, des données statistiques effrayantes ont été révélées par les résultats obtenus dans le cadre de la cartographie à l’appui du Réna. Nous voudrions partager, chers collègues, Monsieur le président avec vous en données chiffrées quelques résultats au niveau de nos départements.
En effet, pour une population totale de 654 094 estimée pour l’année 2009 dans l’Alibori, la frange de 8 ans et plus énumérée est de 621.776 soit 95% de personnes en âge de voter dans les dix prochaines années. Ainsi, seulement 5% de la population totale du département de  l’Alibori aurait en-deçà de 8 ans. Quant au département du Borgou, sur une population de 909.004 projetée pour l’année 2009, la frange de 8ans et plus énumérée est de  828.022  soit 96% de personnes en âge de voter dans les dix prochaines années. Ainsi seulement 4% de la population totale du Borgou aurait en-deçà de 8 ans. Par contre dans le département du littoral 43% de la population aurait moins de 8 ans c’est-à-dire sur une population de 834.856  projetée pour  l’année 2009,  seulement 479.297 ont  été énumérées dans la frange des 8 ans et plus. En résumé, 5% et 4% des populations respectives des départements de l’Alibori et du Borgou
aurait aujourd’hui d’après les résultats obtenus dans la cartographie censitaire moins de 8 ans tandis que 43% je dis bien 43% c’est-à-dire près de la moitié des populations du Littorale aurait moins de 8 ans selon les mêmes sources. Suivez mon regard !
L’insolite nous parvient du département du Plateau. Mesdames messieurs, chers collègues, tenez-vous tranquille. Personne n’a moins de 8 ans dans le département du Plateau selon les chiffres produits par la cartographie censitaire. C’est-à-dire que tous  les habitants du plateau ont au moins huit ans d’âge. Doit-on en déduire que le gouvernement de notre pays a déclenché dans ce département un planning familial spécial ? Ou doit-on déclarer le département du Plateau fertilement sinistré ?
Monsieur le président, chers collègues, les élections sont au cœur de la démocratie. C’est grâce à elles que s’opèrent une règle importante de la démocratie à savoir l’alternance au pouvoir, donc le renouvellement du personnel politique gage d’un processus démocratique crédible et fiable. C’est pour cela que nous plaidons ici et maintenant pour une LEPI franche, non pipée qui garantirait la transparence du scrutin et non la pérennisation d’un système politique aux abois. Nous venons d’abroger une loi truffée d’erreurs. Et nous nous apprêtons dans une semaine à voter une loi qui garantit la paix et la tranquillité et la sécurité électorale à nos populations.
Que Dieu veuille sur le Bénin   
Je vous remercie.

Augustin Ahouanvoébla

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