Deces de dangnivo

42 jours après sa disparition : Pierre Urbain Dangnivo serait retrouvé

Le Matinal du 28 Septembre 2010

Suite aux révélations de Codjo Cossi Allofa, guérisseur de 25 ans qui aurait avoué avoir assassiné Pierre Urbain Dangnivo, inhumé à l’arrière-cour de la concession de ce présumé assassin à Womè/Akangon dans la commune d’Abomey Calavi, les services compétents se sont rendus sur les lieux hier lundi 27 septembre 2010 pour exhumer le corps. D’après les déclarations du Ministre de la Justice, Grégoire Akofodji, appuyé par le Procureur de la République, Michelle Caréna, il s’agit du cadavre de Pierre Urbain Dangnivo, cadre du Ministère de l’Economie et des finances porté disparu depuis le 17 août 2010. Mais faute d’un avis certifié d’un médecin légiste et d’une autopsie approfondie sur un corps en début de décomposition que les parents n’ont pas pu voir, le mystère reste entier.

Quelques signes d’espoir, beaucoup de bruit, une forte mobilisation des autorités à divers niveaux, une population spectatrice et stupéfaite, un impressionnant détachement des forces de sécurité publique et finalement des résultats qui suscitent toujours des interrogations sur la disparition de Pierre Urbain Dangnivo. Difficile de dire si le corps exhumé hier est celui de Pierre Urbain Dangnivo. C’est l’ambiance qui a prévalu hier lundi 27 septembre 2010 à Womè, un quartier enclavé de la commune d’Abomey-Calavi, devenu subitement la grande attraction. Womè réputé un lieu de refuge pour les malfaiteurs n’a pas dérogé à la tradition. Après sa disparition, Pierre Urbain Dangnivo reposerait dans une fosse de fortune dans laquelle il aurait été enterré par son présumé assassin. Ce dernier qui se fait appeler par son sobriquet Petit guérisseur s’appelle à l’état civil Codjo Cossi Allofa, un repris de justice, selon le ministre Garde des Sceaux, Grégoire Akofodji. En effet, depuis quelques jours, la commission mise sur pied pour faire la lumière sur la disparition de Pierre Urbain Dangnivo procède à des arrestations opérées par la brigade de recherche de la compagnie de gendarmerie de Cotonou.

Une première piste

L’enquête diligentée pour retrouver Pierre Urbain Dangnivo, mort ou vif a révélé ses premiers résultats la semaine écoulée. Le relevé des derniers numéros composés ou reçus par le disparu sur son portable a permis de remonter une première piste. Au nombre des numéros qui l’ont appelé non seulement dans la journée mais également dans la soirée, on retrouve dans le répertoire de son opérateur Gsm, un contact téléphonique dont le propriétaire serait une dame. Les investigations ont permis de la retrouver. Lors de l’audition, elle déclare ne pas connaître personnellement le correspond joint à plusieurs reprises à partir de son numéro. Elle a souvenance que le sieur, Codjo Cossi Allofa qu’elle a présenté comme étant son guérisseur a effectué des appels à partir de son téléphone portable. Elle ajoute que l’intéressé est écroué à la prison civile de Cotonou. Avant d’aller sur cette seconde piste, la brigade de recherche a déféré la cliente du guérisseur devant le Procureur de la République qui a décidé de la maintenir dans les liens de la détention préventive.

2ème piste

En remontant la piste dévoilée par cette dernière, les enquêteurs saisissent le Procureur de la République au sujet du détenu qui aurait joint Pierre Urbain Dangnivo au téléphone. Pour les besoins de l’enquête, il a été sorti de sa cellule de la prison civile de Cotonou et mis à la disposition de la brigade de recherche. Celle-ci rassemble des éléments pour le confondre. Devant la photo du disparu qui lui a été présentée, il déclare le reconnaître comme étant son client. Mais sa réponse était loin de convaincre les enquêteurs. De sources policières, Codjo Cossi Allofa, a été écroué le 30 août 2010 par le Tribunal de première instance, 2ème classe d’Abomey-Calavi pour vol. Pour ceux qui en savent un peu plus sur ce dossier, ils racontent que deux jours plutôt, il a braqué un motocycliste dans la zone d’Awakê, non loin de Maria Gléta, site abritant la construction d’une grande centrale thermique dans la commune d’Abomey-Calavi. Si l’on s’en tient à ses propres déclarations rapportées par des sources proches de l’enquête, il aurait commis cet acte après le crime contre Pierre Urbain Dangnivo dont il avoue être le présumé assassin. Soumis à un interrogatoire musclé, il aurait avoué qu’il a été approché par une dame non encore identifiée pour commettre ce meurtre contre une somme d’argent. 50 millions Fcfa, aurait-il déclaré. Ce qui l’aurait motivé à planifier son crime. Autre révélation, il affirme que sa victime s’est rendue à son domicile de son gré et à bord d’un véhicule qui est reparti aussitôt. A la suite de quoi, le présumé criminel a fait introduire Pierre Dangnivo dans une chambre qui tient lieu de couvent et de salle de consultation occulte. Il lui aurait donné une potion à avaler avant de l’assassiner. Selon les enquêteurs, Codjo Cossi Allofa a indiqué avec précision là où il a creusé un trou pour inhumer sa victime. La gendarmerie après l’avoir auditionné durant deux jours, l’a mis à contribution pour se rendre chez lui le dimanche 26 septembre. Après une perquisition des deux chambres dont Codjo Cossi Allofa, est propriétaire, il a été retourné à la brigade de Cotonou. Quelques agents sont positionnés pour garder les lieux. Ensuite, les agents enquêteurs poursuivant les investigations, ont retrouvé sa compagne, Judith, mère d’une fille. Il y a quelques mois, son papa l’aurait remise à ses parents du côté de Togo. La femme quant à elle soupçonnée d’infidélité aurait été chassée du domicile conjugal avant que son mari ne commette le crime contre Pierre Urbain Dangnivo. Gardée depuis 48 heures à la brigade de la gendarmerie de Cotonou, elle a des chances d’être relâchée. Les enquêtes se poursuivent et des complices de Pierre Urbain Dangnivo sont activement recherchés. Quelques suspects arrêtés ont été libérés, certains toujours gardés.

FN