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DIPLOMATIE : Crise dans les chancelleries du Bénin

 

Le rappel en Juin 2008 à Cotonou de la plupart du personnel diplomatique dans les chancelleries du Bénin a entraîné les représentations nationales dans une crise sans précédent, étant donné que les diplomates rappelés n’ont pas été remplacés jusqu’à présent. Conséquence, les dossiers dorment et la diplomatie en souffre.
Entre autres, Washington, Brasilia, Paris, les capitales du Golfe, Genève, Ottawa, Bruxelles, Rabat, Abuja, dans la plupart de ces villes la diplomatie béninoise a du plomb dans l’aile. Tout est statique.

Cette situation résulte de la décision prise par le gouvernement béninois de rappeler en juin 2008, le personnel diplomatique en poste dans les chancelleries du Bénin près ces capitales étrangères. Sans surprise, la plupart des diplomates concernés ont plié bagages pour rejoindre Cotonou en septembre et otocbre de la même année. Ils étaient pour la plupart en fin de mission et sont appelés à faire valoir leurs compétences au ministère des affaires étrangères de leur pays en attendant d’être peut-être affectés à d’autres postes hors du territoire. Ces nombreux départs ont créé du vide dans les ambassades, allant des plus importantes aux moins stratégiques. Plusieurs postes comme le ministre conseiller, les 1er et 2ème conseillers, les 1er et 2ème secrétaires, les chefs de chancellerie, les attachés sont restés inoccupés. Dans ces conditions à quoi doit-on s’attendre ? L’ambassadeur, qui est le chef de mission cumule tous les rôles à son corps défendant. Il doit traiter lui-même les courriers, les préparer et les mettre dans le circuit. Il doit se charger des affaires économiques, politiques, en passant par l’administration. Ainsi par ces temps, tout est concentré dans certaines ambassades entre les mains d’une ou de deux personnes, ou carrément, on fait recours aux membres de la diaspora pour recevoir un coup de main. Les différentes missions ne tournent pas, parce qu’elles n’ont plus de cadres. Tous sont rentrés pour venir gonfler le personnel à Cotonou. Cette situation a grippé sérieusement la diplomatie béninoise, qui doit se contenter d’une diplomatie de prestige à l’extérieur. Les ambassadeurs n’en peuvent plus et ont appelé le chef de la diplomatie à agir. Jean Marie Ehuzu est montré du doigt par les diplomates qui l’accusent de vouloir plonger les chancelleries dans une situation d’inefficacité et de léthargie. Curieusement, le gouvernement du Changement a organisé il n’y a pas longtemps des assises sur la relance de la diplomatie béninoise. Mais c’est pour que rien ne change au fond, parce que la recherche des solutions endogènes n’a pas été au cœur de cette rencontre. Si la diplomatie ne se porte pas bien, l’une des causes se trouve être le non redéploiement du personnel diplomatique dans les chancelleries. Plus d’une quinzaine de représentations attendent des affectations. Or, les diplomates qui sont appelés à rejoindre les postes inoccupés sont connus et attendent que le chef de la diplomatie décante la situation. L’ancien ministre des affaires étrangères Moussa Okanla, remplacé par Jean Marie Ehuzu aurait déjà rendu publique la liste des diplomates affectés avant de quitter le gouvernement. Tout porte à croire que le hic, c’est son successeur. Celui que tout le monde attend pour pousser un ouf de soulagement. Dans cette affaire on apprend que c’est le ministère des Finances et de l’Economie qui est censé donner les moyens pour acheter les billets d’avion aux diplomates. Ce qu’il n’a pas cru devoir faire, arguant que la situation des personnes rappelées et celle des affectés ne sont pas encore claires. Il aurait demandé au ministre des affaires étrangères de certifier preuves à l’appui que tous les diplomates rappelés sont effectivement de retour. Ceci par mesure de précaution pour qu’on ne se rende pas compte que le personnel diplomate censé rentrer au bercail est resté au poste. Toute chose qui risque de créer un surnombre dans les ambassades quand les nouvelles têtes vont rejoindre ces mêmes chancelleries. Le ministre des Finances veut éviter une augmentation de la charge salariale. Jusque-là, l’argentier n’aurait reçu aucune réponse de la part de son homologue des affaires étrangères. La même situation s’était déjà produite en 1996 et il a fallu un sit-in pour débloquer la crise. Ce que les diplomates projettent de faire.

FN
Journal LE MATINAL 02/04/09

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