La salle de conférence du ministère des affaires étrangères a servi de cadre dans la soirée du vendredi dernier, à une rencontre du bureau du haut conseil des béninois de l’extérieur animé par son Président, Anicet Gabriel KOTCHOFA. A en croire ce dernier, l’existence d’une forte communauté de Béninois résidant à l’étranger soulève deux (2) séries d’interrogations fondamentales qui interpellent la conscience des citoyens autant que l’action des gouvernants. La première série d’interrogations peut être liée aux attentes, préoccupations, problèmes et espoirs des Béninois de l’Extérieur. La seconde série par contre, relève de l’action significative que pourraient engager les pouvoirs publics du pays d’origine, en l’occurrence le Bénin, en vue de permettre et favoriser l’éclosion et la réalisation des rêves des Béninois résidant à l’étranger tant dans le pays d’accueil que dans le pays d’origine. Quels sont alors ces problèmes cruciaux que vit la communauté béninoise résidant à l’étranger ? Quels sont les enjeux que se pose cette communauté? Leur portée ? Les défis liés à son existence, et auxquels il faut faire face sans plus tarder ?
UNE FORCE DE CHANGEMENT?
Peut-on considérer la communauté béninoise à l’étranger comme un acteur de mutation au Bénin? A quelles conditions peut-elle devenir une force de changement pour notre pays, avec laquelle les forces du Renouveau Démocratique doivent nécessairement compter? En quoi l’ouverture sociale actuelle doit-elle concerner, inclure les Béninois de l’Extérieur qui doivent être considérés comme (ou devenir) de véritables partenaires et des potentialités, mais aussi avec leurs spécificités, leurs droits et leurs créances à faire valoir auprès des pouvoirs publics béninois et la Société Civile en général ?
Anicet Gabriel KOTCHOFA va plus loin dans son développement en soulignant que, la politique nationale pour les béninois de l’extérieur est d’héritier de grands royaumes et pays de culture de vieilles civilisations, le Bénin figure parmi les plus grands pays d’émigration. En effet, la diaspora béninoise est d’une grande diversité socioprofessionnelle. Elle se répartit dans le monde entier. Ses plus grandes concentrations se trouvent en Afrique Occidentale et Centrale et en Europe Occidentale. En fait, recherchés pendant la période coloniale pour servir de support à l’Administration coloniale française dans les territoires d’AEF et d’AOF, les Béninois ont développé un goût particulier pour l’aventure. Ainsi, avec ou sans qualification professionnelle, les Béninois ont émigré, légalement ou non, dans les pays étrangers. Cette tendance a pris une ampleur notable après l’indépendance.
Ainsi, travailleurs saisonniers ou permanents, fonctionnaires internationaux et fonctionnaires relevant d’autres statuts, commerçants, hommes d’affaires, pêcheurs, simples aventuriers constituent pour l’essentiel ce qu’il convient d’appeler le Béninois de l’Extérieur. La politique en direction des Béninois résidant à l’étranger ne peut, ni ne doit souffrir ni de flou, ni d’ambiguïté, ni d’absence de vision, ni de manque de visibilité.
1960-1975 : période que l’on pourrait qualifier de relative indifférence au cours de laquelle les relations sont limitées à de simples prestations de services de l’Etat ;
1975-1990 : période de méfiance, voire de défiance entre l’Etat et les Béninois de l’Extérieur ;
1990-1997 : avec l’avènement du Renouveau Démocratique, l’on assiste à une réelle décrispation dans les relations Etat–Diaspora avec l’ébauche d’un cadre de concertation comme en témoigne la rencontre de décembre 1997.
La conférence Nationale des Forces vives de la Nation tenue à Cotonou en Février 1990, a jeté les bases d’une prise en compte effective des potentialités et possibilités que constitue la communauté des Béninois de l’Extérieur comme ressource incontournable, inépuisable et indispensable dans le processus de développement de notre nation.
C’est le 15 décembre 1997, que le Gouvernement d’alors a souscrit entièrement à la création d’un organe représentatif de nos compatriotes résidant à l’extérieur du pays : Le Haut Conseil des Béninois de l’Extérieur (H.C.B.E) enregistré sous le n° 2000/399/MISAT/DC/SG/DAI/SAAP-Assoc du 06 novembre 2000 reconnu d’utilité publique (cf. Décret n° 2001-153 du 26 avril 2001). Organe consultatif qui fera des propositions concrètes et constructives dans l’intérêt du pays et des Citoyens Béninois de l’Extérieur. Les avis du H.C.B.E seront non seulement requis sur les questions engageant l’avenir des Béninois de l’étranger, mais aussi sur les grandes questions touchant l’avenir de notre pays le Bénin.
Sont considérés comme Béninois de l’Extérieur (BEXT), toute personne physique ayant la nationalité béninoise et domiciliée hors du territoire national.
Les Communautés Béninoises à l’Extérieur sont inégalement réparties sur les cinq continents. Les plus fortes communautés se trouvent en Afrique (Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale surtout) et en Europe. Quant à l’Amérique, l’Asie et l’Océanie, elles abritent des communautés beaucoup plus réduites. Le Bénin dispose d’une importante Diaspora dont notre diplomatie doit en tenir compte. Un capital précieux sans lequel l’émergence de notre pays ne peut réellement s’opérer. Le Haut Conseil des Béninois de l’Extérieur (H.C.B.E) sert donc de canal de mobilisation et de mise en valeur de ce capital au service du développement socio-économique et à la consolidation de notre démocratie naissante.
Romuald ALINGO





