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06 avril 2006 - 06 avril 2009 : Trois ans de changement au Bénin ( Ce qui a changé ; Ce qui changera d’ici 2011)

6 avril 2006 - 6 avril 2009. Trois (3) ans jour pour jour que le docteur Thomas Boni Yayi a été officiellement investi président de la République du Bénin. A l’heure du bilan à mi-parcours, on retient essentiellement les prouesses de l’homme d’Etat au plan économique grâce à l’introduction de plusieurs réformes et la politique de l’assainissement des finances publiques. Idem avec l’ouverture des grands chantiers et les travaux de la 2ème génération qui inscrivent résolument le Bénin dans la dynamique de l’émergence infrastructurelle. Toutefois, des efforts restent à consentir dans les domaines socio-politiques pour espérer dégeler la tension et apaiser le jeu politique.

Les grands travaux qui lancent le Bénin sur la route de l’émergence

Si au plan politique, le président Thomas Boni Yayi a connu quelques infortunes, il a tout de même séduit par sa politique des grands travaux baptisée « Travaux de la 2ème génération ». Au lendemain de son avènement au pouvoir, il a partagé avec l’opinion son souci de bâtir le Bénin de rêve en prenant appui sur des infrastructures modernes qui riment avec le développement. Au rang des premiers chantiers ouverts, la construction des logements sociaux qui constitue, à ne point douter, une bouffée d’oxygène pour bien de concitoyens, en l’occurrence ceux qui sont au bas de l’échelle sociale. A la faveur du Sommet de la Cen Sad, d’autres logements de grand standing ont été construits à Agblangandan dans la commune de Sèmè-Podji et dans la zone de Novotel. D’autres encore sont en cours de construction à Lokossa dans le cadre de la célébration de la prochaine fête de l’indépendance du Bénin. Des voies primaires et secondaires sont tracées afin de faciliter la libre circulation des biens et des personnes. D’autres sont repris dans la perspective d’un meilleur confort du réseau routier béninois. A cet effet, le tronçon N’Dali-Djougou a été réalisé, la route Kandi-Banikoara a été bitumée dans le septentrion. Dans le Zou, le tronçon Sèhouè-Zogbodomey a bénéficié d’une couche spéciale de goudron pour la fluidité du trafic. Idem dans avec la réhabilitation de la route de Possotomè dans le Mono-Couffo. La route Adjohoun-Bonou-Kpédékpo dans la vallée de l’Ouémé suit, vaille que vaille, son cours en dépit des dysfonctionnements et du grand retard enregistrés dans son exécution. Motif évoqué, le non bouclage du budget prévu pour la réalisation des travaux de ce tronçon. Pour le compte de l’Atlantique, on ne devrait pas perdre de vue la reprise actuelle du tronçon carrefour Godomey- sortie Akassato qui, aux yeux des usagers, est très importante. A Cotonou, la ville de rêve du Bénin, on se rappelle encore la reprise de la voie Steinmetz, le tronçon Aéroport-Place du souvenir-Air Afrique, Place du souvenir-Vèdoko, le repeaufinage de la voie Vèdoko-Etoile rouge encore en chantier, et bien d’autres voies secondaires. La vague des passages supérieurs vient couronner les efforts infrastructurels du Chef de l’Etat à Cotonou. En un premier temps, c’est le passage supérieur de Houéyiho qui a été construit et inauguré à grand renfort médiatique. Et puis celui de Steinmetz. Ces deux infrastructures de taille ont changé, du coup, l’image de Cotonou. D’ailleurs beaucoup de concitoyens n’ont pas caché leur satisfaction quant à la réalisation de ces œuvres. Le premier échangeur du Bénin sera érigé au carrefour Godomey. La pose de la première pierre a été faite en présence des partenaires chinois. Actuellement, les travaux proprement dits ont démarré avec la mise à disposition du site et bientôt, le premier coup de pioche. A en croire les indiscrétions, l’ouvrage sera mis à disposition en 2010 bien avant la fin du mandat du président Boni Yayi. La politique de la célébration rotative de la fête du 1er août, une trouvaille du régime Yayi, permet s’accélérer le développement à la base. C’est ainsi qu’après Cotonou et Porto-Novo, la ville de Parakou a abrité la fête de l’indépendance l’année dernière. Les retombées de cette organisation pour la troisième ville à statut particulier, ont été très importantes. Le stade municipal de Parakou a été réhabilité, des voies primaires et secondaires ont été reprises, la grande place publique des Koubourou a été réaménagée. Et ce même exploit attend d’être réalisé à Lokossa qui abrite, cette année, les festivités de la fête du 1er août. D’ailleurs, des logements sociaux sont déjà en construction pour accélérer, loin s’en faut, le développement à la base de Lokossa. On ne devrait pas aussi perdre de vue l’engagement du chef de l’Etat à réhabiliter les villes de Porto-Novo et d’Abomey. A juste titre, il a été instauré, d’une part, l’Agence de la réhabilitation de la ville de Porto-Novo confiée au président de La Ccib, Ataou Soufiano et l’Agence de réhabilitation de la ville d’Abomey qui relève depuis peu des prérogatives de l’ancien député, Maxime Houédjissin. Et des efforts sont en cours afin qu’ils bénéficient des appuis consistants du pouvoir central pour réussir leur mission de réhabilitation. En somme, en trois ans de gestion, le pouvoir Yayi s’est employé au plan infrastructurel à refaire l’image du Bénin. Chose à encourager pour des réalisations plus grande pour le reste du mandat.

La gratuité de l’éducation et les micro-crédits pour réduire la pauvreté

La réduction de la pauvreté est l’un des combats entrepris par le gouvernement de Boni Yayi. En matière de bilan à mi-parcours, se trouve en bonne place la gratuité de l’éducation. Ainsi, tout a commencé au niveau de l’enseignement primaire et secondaire où les écoliers et élèves ne payent plus les frais de scolarité. Une mesure qui a acquis l’approbation de tous, surtout des couches déshéritées qui peinaient à faire face aux charges scolaires. Certes, cette mesure de gratuité a connu quelques problèmes au début, puisque les établissements scolaires ne pouvaient pas, sur le plan financier, faire face à la masse d’enfants venus s’inscrire, mais cette année 2009, certains réglages ont été faits. Actuellement, les parents d’élèves ne payent pas les frais de scolarité, mais dépensent cet argent pour d’autres charges qui concernent le fonctionnement des établissements scolaires. Cette mesure de gratuité des frais de scolarité est élargie aux universités du Bénin, où les étudiants ne bénéficiant pas d’allocations universitaires sont exempts de payer les frais de scolarité. Une première dans l’histoire du Bénin. Dans le domaine de l’éducation nationale, il y a eu la construction des salles de classe, la réhabilitation des classes dans certaines communes.

Microcrédits aux plus pauvres

Une deuxième décision jugée salutaire dans la lutte contre la pauvreté est l’octroi des microcrédits aux femmes les plus pauvres. La particularité de l’avènement de Boni Yayi a été d’octroyer les 30. 000 F Cfa à un taux très réduit, à moins de 1%, ce qui ne constitue pas un poids pour les femmes, contrairement au taux pratiqué par les institutions de microcrédits installé dans le pays et qui appauvrissent plus les femmes. Cette décision de Boni Yayi, a allégé fortement les charges des femmes des zones rurales. Selon le Ministre de la micro finance, Rékyath Madougou, les hommes aussi peuvent bénéficier de ce programme qui est passé de 20milliards à 25 milliards de FCFA. Par ailleurs, en matière d’emploi des jeunes, les mécanismes sont mis en place pour un- auto emploi afin de renforcer le secteur privé. Il est prévu dans ce secteur le financement de 2000 plans d’affaires qui à coup sûr généreront des emplois. C’est dire que le gouvernement met tout en place une politique volontariste pour faire reculer les frontières de la pauvreté.

Des grosses tribulations au plan politique

Trois ans déjà, que le Docteur Boni YAYI a pris officiellement les rênes du pouvoir suprême. Si, au plan économique le bilan du gouvernement du changement est élogieux, sur le terrain politique par contre, la tâche n’a pas été de la sinécure pour le président de la république.

Le 06 avril 2006 lorsque Boni YAYI prenait les commandes du pays en tant que troisième président de la république du Bénin à l’ère du renouveau démocratique après Nicéphore Soglo et Mathieu Kérékou, il bénéficiait du soutien quasi général de tous les leaders des principaux partis politiques. A l’exception de celui du président du Parti du Renouveau Démocratique (PRD), Me Adrien Houngbédji qui, lui avait de bonnes raisons. Auréolé par un score historique au terme du second tour du scrutin présidentiel de mars 2006 avec 75% des suffrages exprimés, c’est dans un enthousiasme populaire que Boni YAYI a démarré en trombe son expérience du pouvoir d’Etat. Les signaux forts donnés sur le chemin de la lutte contre la corruption dès les toutes premières semaines du début de son mandat, ont rassuré l’opinion nationale et internationale sur la volonté du nouveau régime de rompre avec le système hérité et d’induire un nouveau leadership dans la gestion des affaires du pays. La trêve sociale et l’accalmie politique qui s’en sont suivies ont permis à l’exécutif de mettre rapidement en place les premières réformes notamment l’assainissement des finances publiques et le redressement d’une économie en pleine décadence. Les premières difficultés du régime au plan politique ne commenceront qu’au lendemain des élections législatives de mars 2007 avec la création du G13 qui traçait-là les premiers sillons d’une opposition informelle. Les tractations autour de la mise en place du bureau de la nouvelle mandature de l’Assemblée nationale ont éprouvé par ailleurs les relations entre le pouvoir exécutif et ses alliés politiques qui se réclamaient en cette période de la majorité présidentielle et ceci sans équivoque. Selon de nombreux témoignages, la débandade dans le rang de la majorité parlementaire qui s’en suivra plus tard, prend sa source dans cet épisode. En 2007, les organisations syndicales rompent la trêve sociale et le nouveau régime doit faire face désormais aux frondes tous azimuts des syndicats surtout du secteur de l’éducation. Ce ne seront pas néanmoins les principaux obstacles qui ébranleront le pouvoir. Vers la fin de l’année 2007, alors que les élections communales et locales s’annonçaient à grands pas, le gouvernement à travers les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) montre clairement ses intentions de conquérir la Municipalité de Cotonou, la plus grande ville du Bénin. La Renaissance du Bénin (RB) dont le chef charismatique, le président Nicéphore Soglo tient les commandes de cette importante Municipalité se braque. Pour préserver son fauteuil, l’ancien président de la république se lance dans une campagne de dénigrement de l’action de l’exécutif et de son chef, le président Boni YAYI. Les passes d’armes entre les membres du gouvernement et les dignitaires de la RB sont devenues inévitables. C’est dans ce climat que le Président Soglo crée avec ses alliés de l’ADD, le 12 mars 2008, le G4 qui se positionne dans une dynamique d’opposition au régime en place. De l’autre côté le G13 né entre temps des turbulences de la mise en place du bureau du Parlement trouve à travers le G4 un allié tout fait. C’est ainsi que commencèrent les tribulations politiques du gouvernement du changement. Les crises plus ou moins ouvertes se sédimentent très rapidement et forte de sa majorité, l’opposition non déclarée en miniature prenait ainsi progressivement de l’envergure à partir du Parlement jusqu’aux élections communales, municipales et locales d’avril 2008. Les stigmates de cette crise sont encore aujourd’hui visibles et malgré le dialogue politique dont le président de la république s’est fait le chantre, rien n’y fit. Boni YAYI devra compter dorénavant avec une opposition qui s’organise pour lui arracher le pouvoir lors du scrutin présidentiel de mars 2011.

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