avion presidentiel

Tombé en panne quelques jours après son achat : Mystère autour de l’avion présidentiel

Nouvelle Tribune du 29 Juin 2009

L’avion présidentiel du Bénin est en panne depuis quelques semaines. Le chef de l’Etat est obligé de renouer avec ses vieilles habitudes. Il a emprunté et empruntera certainement un appareil volant pour faire ses voyages. Depuis près d’un mois, personne n’est montée au créneau pour expliquer à l’opinion publique nationale les vraies causes de l’immobilisation de l’avion du président de la République.

Le porte-parole du gouvernement, Victor Topanou, le chef d’Etat-major de l’armée, Mathieu Boni, le ministre de la Défense nationale, Issifou Kogui N’Douro, le porte-parole de la présidence, Lionel Agbo, ont gardé le silence sur la situation de cet appareil. Or, le peuple béninois veut des explications des autorités au sommet de l’Etat  pour comprendre les raisons de cette situation qui n’honore pas le pays, car l’avion présidentiel, est subitement tombé en panne, quelques jours seulement, après son achat.
L’appareil est-il déjà réparé ? S’il est réparé, combien cela a coûté à l’Etat béninois ? N’est-il plus utilisable ? Veut-on acheter encore un autre ? Il faut qu’il y ait des réponses claires et nettes à ces questions. En prêtant serment, le 06 avril 2006 à Porto-Novo, le chef de l’Etat a parlé d’obligation de résultats et de comptes rendus. Il faut noter que le pouvoir en place a déjà habitué les Béninois à ce genre de jeu. Les nombreuses commissions d’enquêtes sur des dossiers sensibles sont restées sans suite. La gestion de la Cen-Sad, les enquêtes sur l’assassinat de deux Béninois par la garde présidentielle à Ouidah, les audits dans l’administration publique et consorts sont jettés aux oubliettes.
Si ce silence se prolonge sur cette affaire, il y a lieu de crier à la gestion peu transparente de la chose publique, synonyme de la mauvaise gouvernance par les autorités actuelles du pays. Dans ces conditions, les Béninois n'auront encore que leurs yeux pour pleurer, car ceux qui prônent le Changement n’ont visiblement aucune leçon de morale à donner à ceux qu’ils critiquent. Il va falloir que l’Assemblée nationale, la société civile et le peuple exigent des explications sur l’état de l’avion présidentiel. C’est un devoir citoyen.

Jules Yaovi Maoussi

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