1er août lokossa

49ème anniversaire de l’indépendance du Bénin : Yayi Boni gagne son avant-dernier round  

En entendant la ville de Porto-Novo en 2010, celle de Lokossa vient d’écrire une mémorable page de l’histoire de la célébration de la fête nationale du 1er août. Un 4ème évènement sous le régime du Changement et l’avant-dernier round du chef de l’Etat pour le compte de son quinquennat.

En moins de quatre ans de gestion du pouvoir, le chef de l’Etat Yayi Boni a fait tourner en autant de fois la célébration de la fête du 1er août. Après Cotonou, Abomey, Parakou, c’est la ville de Lokossa qui a été la grande attraction cette année avec au programme les mêmes manifestations : le défilé militaire et civil et la finale de la coupe de l’indépendance de football. L’évènement de cette année a connu un accent particulier qui se résume en trois faits majeurs : la mobilisation de la population, la promotion au grade de général de deux officiers de l’armée et le séjour prolongé du chef de l’Etat dans le département natal de Bruno Amoussou. Même la ville de Parakou, qui est de surcroît un fief du président de la République n’a pas eu autant. A l’analyse de ce qui s’est passé à Lokossa, il y a des éléments qui sautent à l’œil et qui permettent de comprendre ce qui a été à la base d’une telle réussite. Le gouvernement a mis de gros moyens pour métamorphoser une ville qui est dirigée par un maire issu du G13, une coalition hostile au pouvoir du Changement. C’était indéniablement un défi majeur qu’il fallait relever et le gouvernement est allé puiser dans le tréfonds de ses ressources pour offrir un agréable 1er août aux populations de cette ville. De nombreux chantiers sont ouverts. Il est vrai que l’état dans lequel se trouve Lokossa nécessite d’importants investissements, si l’objectif du chef de l’Etat est de changer son visage. Les artères ont refait peau neuve, des villas sont sorties de terre, plusieurs immeubles ont changé de look. Le stade réfectionné à moitié a pu accueillir la finale de la coupe de l’indépendance.

La surprise…

Sur place Yayi Boni a créé la surprise en offrant à l’équipe vainqueur une enveloppe de 1,5 million Fcfa pendant qu’il a gratifié la finaliste d’une autre enveloppe d’un montant de 01 million Fcfa. C’est une véritable première dans l’histoire de cette compétition. Les deux équipes qui arrivent en finale de la coupe de l’indépendance n’ont jamais eu droit à de telles récompenses. C’est le lieu de tirer son chapeau au ministre de la Jeunesse, des sports et loisirs Etienne Kossi qui ne devrait pas être à l’écart de cette surprise. Mais le premier mérite en revient au chef de l’Etat. A l’avenir, on devrait pouvoir aller au-delà de ce qu’on a vu à Lokossa. Ceci pour la simple raison que c’est la seule épreuve sportive dans le pays qui mobilise tout le gouvernement et son chef et draine un impressionnant monde de férus du football. Mais très souvent le spectacle n’est pas à la hauteur de cette mobilisation. Cela est dû au faible intérêt que les dirigeants accordent à cette épreuve. Psychologiquement, les meilleurs clubs ne s’y engagent pas ou même ne se concentrent pas sur les matches. Or, vu le monde que cela draine en finale, on devrait en faire une compétition phare de toutes les disciplines sportives. Et la première action à mener, c’est d’augmenter significativement la cagnotte de l’équipe gagnante. Yayi Boni vient de montrer le chemin et cela devrait inspirer le gouvernement à en faire un point important parmi les manifestations entrant dans le cadre de la célébration de la fête du 1er août. En tout cas, on pourrait lire à travers le geste du chef de l’Etat, qu’après Lokossa, Porto-Novo promet d’être encore une autre surprise. Par ailleurs, sur les lieux, Yayi Boni a exprimé sa ferme volonté de doter le stade de Lokossa d’une aire de jeu gazonnée et d’un grillage de sécurité. Cette promesse est tombée dans les oreilles d’une marée humaine qui a cru à cet engagement. En plus des rues en construction, des villas érigées, de l’amélioration en approvisionnement d’eau et d’énergie électrique, Lokossa pourrait se faire compter parmi les villes qui abritent un stade digne du nom.

Une vieille pratique restituée avec succès

En restituant une vieille pratique de la célébration tournante de la fête du 1er août, le président de la République compte offrir une chance aux villes retenues afin qu’elles se transforment de part les infrastructures qui y seront construites. Lokossa, qui marque l’avant dernier round d’une célébration tournante a eu sa part de coup de pouce après Abomey et Parakou. Porto-Novo attend son tour et ce sera le dernier anniversaire avant la fin du quinquennat du chef de l’Etat. Alors Porto-Novo, une ville dirigée par l’opposition, tout comme Abomey, Cotonou et Lokossa parmi les cinq villes qui ont accueilli sous le régime du Changement les manifestations officielles de la fête du 1er août, va-t-elle changer du tout au tout avant le prochain anniversaire ? Cela n’est pas possible. Il n’y aura pas de miracles. La ville va certainement connaître la réfection de plusieurs voies et de certains hôtels de la place. Pas grand-chose, puisque la proximité de Cotonou avec la capitale administrative constitue un élément majeur qui peut ralentir les ardeurs du gouvernement à beaucoup investir. Mais Yayi Boni a tout intérêt à mettre tous les moyens qu’il faut pour ne pas paraître devant les « Aïnonvis » comme un président qui promeut le développement des localités acquises à sa cause. D’ailleurs, en retenant sous son règne les villes qui échappent à son influence pour abriter les manifestations de la fête nationale revêt Yayi Boni attend en retour l’ascenseur des populations qui y vivent. Puisqu’en dehors de Cotonou qui connait un développement à nulle autre pareille, les autres localités qui ont vu se dérouler sur leurs installations les festivités du 1er août ont gagné quelques voies pavées et des villas qui ont contribué à l’amélioration de leur visage. Les populations ne devraient pas l’oublier lors du bilan en 2011. C’est pourquoi, à un an de cette échéance, il est une chance pour Yayi Boni de célébrer dans une ville aussi hostile à son pouvoir, un évènement national.

Fidèle Nanga

Quelques réactions des personnalités

Christophe H. Mégbédji : maire de Klouékanmey

« C’est la 2ème fois que Lokossa abrite le 1er août » « Au temps de la révolution, on avait organisé cet évènement ici. C’est à cette occasion qu’on avait construit l’Etoile rouge et même la place du Monument aux morts. Disons puisque nous parlons de la fête nationale depuis 60, c’est pour la 2e fois que cette fête s’organise chez nous ici à Lokossa dans le département du Mono et du Couffo. Nous sommes très contents parce que nous accueillons la fête pour une 2eme fois. C’est pour cela que je suis très content. Les manifestations se sont bien déroulées, les festivités, le défilé militaire et populaire auxquels nous avons assisté. Maintenant nous allons nous plonger dans la réfection pour faire mieux et organiser les autres fêtes à venir pour que nous puissions enregistrer le bien-être de nos populations. »

Maurice Ahanhanzo Glèlè, membre de la société civile « Une armée ordonnée »

« J’ai été séduit sur toute la ligne. Une armée ordonnée, bien ordonnée, avec des hommes, des femmes, leurs équipements, c’est formidable. De l’ordre, de la discipline, c’est très beau.. »

Pasteur Simon Dossou, Président de l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin « Travaillons encore plus… »

« Le 49e anniversaire nous met de plein pied dans l’année du jubilé qui est la 50e année et nous avons vu à Lokossa comment les gens ont mis les petits plats dans les grands pour que nous puissions avoir un défilé à la taille de l’évènement. Nous savons que Dieu est toujours bon c’est pourquoi le temps a été très clément avec nous et nous avons aimé cela. Nous souhaitons que cette année qui commence pour le pays soit une année de paix, de joie et de bénédiction et que nous puissions travailler encore plus pour que le pays aille de l’avant.

Janvier Yahouédéhou, député Fcbe « La fête sera plus belle l’année prochaine »

La fête a été belle, je sais que celle de l’année prochaine sera encore plus belle. Je ne vois pas ce qui a manqué à cette fête. Je ne vois pas… »

Félix Dansou, ancien ministre « Pas de différence avec les autres »

« Nous avons été très heureux de voir du monde et du beau monde. Nous avons vu que les populations sont sorties et cela prouve qu’elles sont contentes que la fête se passe ici et surtout l’action du Président Boni Yayi. Je pense qu’on a assisté à plusieurs manifestations du genre et nous sommes contents. Je dis ça parce qu’il n’y a pas une grande différence entre ce que nous avons vu à Cotonou, à Parakou…etc » 

Basile Ahossi, député G13 « Lokossa n’a pas bénéficié de grand-chose »

« L’affluence qu’il y a eu, est une bonne chose. A l’intervalle d’une journée, Lokossa s’est retrouvée la capitale du Bénin, ça fait vraiment plaisir. J’aurais souhaité que la fête eusse permis de relever un peu Lokossa parce qu’à voir les conditions dans lesquelles cela s’est passé, Lokossa n’a pas bénéficié de grand-chose et c’est ça ce que je déplore. Pour venir ici à partir de Comé, si vous avez suivi, vous verrez que c’est un parcours de combattant. La route n’est pas bonne. Et la ville concrètement, on a mis de la chaux sur les murs, sur les arbres. Je crois que ce n’était pas ça que Lokossa méritait, ce n’est pas de ça que les populations ont besoin. Je crois qu’avec ce qui se passe où les murs de la Cen-Sad s’effondrent, le pouvoir doit avoir pris la responsabilité de ne plus faire beaucoup de gaspillage. Mais je crois que Lokossa, en bilan de fête ne retiendra pas grand-chose. . » Dakpè Sossou, maire de Lokossa « Deux généraux ont vu le jour ici à Lokossa.. »

« Deux généraux ont vu le jour ici à Lokossa, il n’y a pas eu la pluie et la fête s’est très bien passée ; satisfaction totale pour moi. En matière d’acquis, mais voyez tout ce monde qui est arrivé à Lokossa juste pour la fête du 1er août. Des gens nous disent qu’il n’y a jamais eu autant ailleurs, c’est déjà un acquis pour nous. Lokossa est retenue, Lokossa est désormais connue, c’est un acquis pour nous.. »

Pierre Osho, ancien ministre « Il n’y a pas eu plus de fête qu’à l’ordinaire »

« J’épouse toujours une réelle émotion quand je vois passer les jeunes filles de Natitingou et les jeunes garçons de Bembèrèkè. J’en épouse également lorsque les troupes aéro-portées défilent en chantant leur chanson de combativité. Voilà les deux moments forts que j’épouse à chaque fois. Ça a été le cas encore aujourd’hui. C’est un défilé comme nous y sommes accoutumés déjà. Il ne me présente aucune particularité à mes yeux à moins que vous en ayez notée. Il n’y a pas eu plus de fête qu’à l’ordinaire. Et si vous avez été attentif comme moi, on a connu des 1er août plus festifs, gais et moins moroses. Je ne sais pas ce que vous en pensez. Lokossa est un chef lieu d’un département que je connais depuis quelques dizaines d’années, depuis que le système des fêtes tournantes avait droit de cité pendant la révolution. Les premiers changements notables de l’architecture urbaine de ce chef lieu de département remontent il y a quelques dizaines d’années, donc c’est une tradition qui fort heureusement est remise en vigueur et qui sera certainement bénéfique pour les populations des autres départements également. .. »

Ange Marie Leroux, députée Rb « C’est une fête de l’armée.. »

« J’ai été très impressionnée par la prestation des femmes, n’est-ce pas dans l’armée béninoise. Prestation à tous les égards remarquable, ce qui veut dire que lorsque nous parlons de genre, il se passe des choses qui nous permettent de penser que nous allons vraiment vers une autonomisation des femmes. Ça a été une très belle fête de famille. Je crois que rien n’a manqué, je crois que tous les ingrédients y étaient. Tout s’est passé dans la joie, dans la paix, c’était l’essentiel. Pour une fête de famille, c’est l’essentiel. Je terminerai en disant que c’est une fête de l’armée. Maintenant à quand la fête du peuple ?.. »

Maxime Houédjissin, ancien député « Porto-Novo s’annonce très bien »

« Ce n’est pas ce qu’on a l’habitude de dire lorsqu’on vient à une fête. Disons qu’à Lokossa ici, ça s’est passé autrement, autrement même qu’à Parakou et qu’Abomey. Je crois que ça doit continuer comme ça. Personne n’a boudé. Tout le monde est là sauf le Général Kérékou. C’est sûr qu’il a eu un empêchement. Ce n’est pas de ses habitudes. Moi je crois que tout s’est bien passé, les accolades, le président a discuté avec chacun. On dit souvent que ce sont les lieux de fête qui réunissent les amis et aujourd’hui tous ceux qui devraient passer le voir et n’arrivent pas à le voir vis versa, ont parlé entre eux. Et puis le Bénin continue et prend son essor comme ça. Moi je crois que c’est une très belle fête, ça nous a unis et je crois que Porto Novo s’annonce très bien. Ce que moi j’ai vu là, je crois que la paix est de leur côté, Dieu nous aime. Sur ces faits je suis certain que le Bénin va bien s’en sortir.. »

André Dassoundo, député Fcbe « Des chantiers inachevés.. »

« L’organisation était suffisamment parfaite et puis la météo était clémente aussi. On pourrait craindre le pire parce que nous sommes en période de pluie mais je crois que tout ça a été bien. Le reste c’est la poursuite des travaux, je pense que le comité d’organisation ne doit pas baisser les bras pour dire que la fête est bouclée parce que la fête est belle. Elle est bouclée effectivement mais il y a des chantiers inachevés. Je pense que c’est le moment de resserrer les rangs et de sortir les villas que nous avons vues dans les bas-fond. C’est le moment aussi de refaire ces voies qui sont à moitié terminées. C’est le moment aussi de réfectionner la place publique que nous avons vue terminer à moitié et donc tous ces chantiers doivent être refaits et c’est à ce prix que la fête aura été un véritable succès. Lokossa s’est métamorphosée, elle a profité de la fête pour se faire plus belle parce que, qu’on le veuille ou non, là aujourd’hui qui connaissait Lokossa doit se rendre compte que Lokossa a changé de look. Le ravitaillement en eau a été amélioré, la couverture en électricité a été améliorée. Je pense que, c’est quand même un plus pour Lokossa. Les rues, malgré que ce ne soit pas complètement achevée, ont été mises en chantier, je pense que Lokossa a gagné qu’on le veuille ou non.. »

Quotidien Le Matinal du 5 Août 2009

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